Face aux enjeux d’un transport décarboné, des initiatives de tous bords se dessinent autour de la propulsion à voile. Alors que s’ouvre Wind for Goods, rendez-vous international du transport maritime à la voile les 19 et 20 juin à Saint-Nazaire, tour d’horizon des projets en Méditerranée.Face à des réglementations européennes et internationales de plus en plus contraignantes en matière d'efficacité énergétique des navires, avec l'objectif d'un transport maritime sans émission de carbone vers 2050, le retour à la propulsion par le vent est dans l'air du temps. Cette ressource gratuite inépuisable est longtemps restée cantonnée à la plaisance. Alors que 90 % des marchandises sont acheminées par la mer, ce mode alternatif se cherche une place parmi d'autres solutions comme les carburants alternatifs, type hydrogène, mais qui se heurtent encore à des problèmes de coût énergétique ou de difficultés de stockage.
En 2022, un virage a été opéré avec la mise à l'eau du cargo à voiles Canopée, chargé de transporter la fusée Ariane 6 d'Europe vers la Guyane. A l'origine du projet, l'architecte Marc Van Peteghem a proposé un système d'aile rigide permettant d'optimiser le rapport entre la puissance et la surface de voile tout en en limitant la complexité.
Wind for goods
La 3e édition de Wind for Goods, rendez-vous international du transport maritime à la voile, se déroule les 19 et 20 juin à Saint-Nazaire.
«On a en France une vraie spécificité sur ce sujet,déclarait Antoine Adam, son organisateur, le 17 juin surFrance Inter.On a passé un cap sur cette filière et l'idée aujourd'hui, c'est d'avoir des retours d'expérience sur les navires qui sont déjà équipés. (...) La dynamique est très positive puisqu'on a à la fois une croissance en termes de nombre d'acteurs mais surtout une chaîne de valeur qui est en train d'exister, avec une vraie diversité, de l'échelle portuaire jusqu'à l'ensemble des usages de la voile qui ne sont pas que pour le transport maritime de marchandises et de passagers mais qui peuvent aussi être pour la pêche, l'exploration scientifique, le transport de passagers sur de petites distances et sur le cabotage, le transport maritime plutôt côtier. »
Si moins d'une centaine de navires véliques sont actuellement en service dans le monde, les choses bougent, en effet. Sur la façade atlantique, la compagnie du Grain de Sel prépare ainsi, pour 2027, une troisième version de porte-conteneur (110 mètres de long, 4 000 m2 de surface de voile) tandis que la compagnie Neoline concrétise un projet de douze ans avec son cargo qui devrait quitter le port de Saint-Nazaire en septembre prochain pour rallier Saint-Pierre-et-Miquelon, Halifax (Canada) et Baltimore (Etats-Unis).