Terres rares : pour réduire la dépendance à la Chine, MagREEsource recyclera des aimants avec de l'hydrogène
Zoé Favre d'Anne
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Le cofondateur de l'isérois MagREEsource travaille sur une levée de fonds afin d'établir sa première usine, à Grenoble, qui lui permettrait de recycler jusqu'à 500 tonnes d'aimants à horizon 2025 et de "redévelopper ainsi une souveraineté...
DR MagREEsource
Terres rares : pour réduire la dépendance à la Chine, MagREEsource recyclera des aimants avec de l'hydrogène
La spin-off du CNRS de Grenoble, MagREEsource, ambitionne de devenir le leader européen du recyclage des aimants, dans un contexte où la Chine dispose encore aujourd'hui du monopole dans ce domaine, et où les terres rares deviennent un enjeu de souveraineté. Elle prévoit de faire sortir une première usine de terre d'ici 2025 en région grenobloise, afin de répondre aux besoins des secteurs tels que l'éolien, la robotique ou l'industrie automobile, avec une levée de fonds en cours de plusieurs millions d'euros.
La startup MagREEsource est une spin-off du CNRS de Grenoble, créée tout juste il y a un an, n'en a pas moins de grandes ambitions. Erick Petit, le cofondateur de la startup, a été mis en relation avec son associée, la chercheuse Sophie Rivoirard, à l'origine du procédé, grâce à la SATT Linksium.
Elle travaillait en effet plus précisément sur les matériaux magnétiques et leur réaction à l'hydrogène, en mettant au point une technologie qui, grâce à un réacteur alimenté en hydrogène, se charge de séparer l'acier des terres rares composant les aimants. Un procédé qui, en générant une poudre métallique, peut être ensuite servir à produire de nouveaux aimants en s'appuyant sur le principe du frittage, qui consiste à chauffer une poudre sans la mener jusqu'à la fusion afin de solidifier une pièce.
Car l'ambition de MagREEsource est de proposer une technologie de recyclage des aimants à l'hydrogène, sans générer aucun rejet. "Nous récupérons les déchets d'aimants, nous les passons au sein de cette technologie, qui nous permet de recréer un nouvel aimant, garanti lui-même sans perte de performance magnétique", explique Erick Petit.
Réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine
Créer sa propre matière première en France permettrait ainsi réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine. "Depuis quarante ans, la Chine a cannibalisé une partie de l'industrie. Elle a le monopole des terres rares et de la fabrication d'aimants. [...] La globalisation pose aujourd'hui un véritable problème logistique", souligne Erick Petit.
Car en plus de constituer la première application directe des terres rares, les aimants sont désormais présents partout, et encore plus dans un monde qui se veut à l'avenir plus électrifié, notamment à destination des secteurs de la défense, de la robotique ou encore des transports, à commencer par les véhicules électriques :
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"Cette situation de monopole dominé par la Chine fait que nous ne sommes pas certains d'avoir assez de matières premières pour fabriquer des aimants.Or, nous avons des industriels comme Thalès, Safran ainsi que des constructeurs automobiles qui ont besoin de ces produits et se retrouvent pieds et poings liés à la Chine", reprend Erick Petit.