Pépite discrète, la société iséroise A2 Photonic Sensors a tapé dans l'œil de France 2030. Lauréate du programme «Transformation des PME par l’innovation », l’entreprise sort petit à petit de son terrain de jeu, la mécanique des fluides, en s’attaquant à l’eau. Avec comme dernier projet en date, la création d’un capteur capable de mesurer la quantité de méthane et de CO2 dans l’eau, salée ou non, en quelques dizaines de secondes. De quoi susciter l’intérêt des laboratoires de recherche publics ou privés et peut-être demain, des industriels avec des produits dérivés.
Détecter quasiment en temps réel le méthane présent dans les océans et les lacs, mais aussi son isotopie, c'est-à-dire son origine : voilà ce que propose A2 Photonic Sensors, spécialiste isérois de la fabrication de capteurs haute performance à destination du monde de la recherche, avec son nouveau produit.
Issu d'une valorisation de la recherche, celui-ci répond à un besoin précis : comprendre les dynamiques d'absorption et d'émission de méthane dans les océans. Car si l'on sait que ceux-ciémettent du méthane et du CO2 et en absorbent également, « on ne connaît pas ce bilan exact », dresse comme constat Stéphane Gluck, fondateur d'A2 Photonic Sensors. Et ce, « car les capteurs actuels ne sont pas assez performants pour faire des analyses sur de grandes surfaces ».
« Notre solution permet de mesurer le méthane dissous dans l'eau des océans, des mers et des lacs à une vitesse 80 fois plus rapide que les capteurs existants. Ces derniers nécessitent de rester 40 minutes à un même endroit pour faire une mesure concrète contre 30 secondes en moyenne avec notre produit », avance fièrement l'entrepreneur.
À cette première mesure s'ajoute une autre spécificité : la mesure de l'isotopie du méthane, c'est-à-dire l'origine du méthane, qui peut être biogénique ou thermogénique. Dans le premier cas, le gaz est produit par des bactéries par décomposition organique. Dans le second, il résulte d'hydrates de méthane ou clathrates, créés par l'enfermement d'un gaz, le méthane, dans une molécule d'eau. Ces derniers se trouvent principalement dans le permafrost ou dans les couches sédimentaires des fonds océaniques.
Cette « capacité à identifier la source est quasi-unique », insiste Stéphane Gluck qui souligne une concurrence quasi-nulle sur ce point. « Les Etats-Unis possèdent un spectromètre de masse qui peut être embarqué sous l'eau mais je ne suis pas certain qu'il soit commercialisé. »
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