Les espaces de stockage se remplissent, tandis que la production sera lancée en septembre : la start-up iséroise MagREEsource, spin-off du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), inaugure ce jeudi sa toute première usine de recyclage et de production d'aimants à destination du marché européen.
Situé à Noyarey, à quelques kilomètres de Grenoble (Isère), le site fabriquera dès cette année entre 50 et 80 tonnes d'aimants par an pour les secteurs de l'automobile électrique, des énergies renouvelables (tous deux représentent plus de 50 % du volume du marché), mais aussi de la défense. Cela, à partir d'aimants recyclés, grâce à une technologie développée par la chercheuse Sophie Rivoirard au sein de l'Institut Néel du CNRS, qui a depuis co-fondé MagREEsource.
Le principe : réduire en poudre l'alliage des aimants en fin de vie, grâce à un procédé en boucle courte à l'hydrogène, puis les remodeler pour en faire de nouveaux produits sur-mesure, adaptés aux besoins des différentes filières.
«Le fait d'être verticalement intégré fait que nous produisons sur site notre propre matière, qui est de la matière recyclée», explique Erick Petit, président et co-fondateur de MagREEsource. «On l'utilise tout de suite, donc il n'y a pas de déperdition, il n'y a pas de temps mort. Cela nous permet à la fois de contrôler la qualité, mais aussi la traçabilité de la matière.»
En ce sens, la start-up préfère se présenter comme « productrice » d'aimants que « recycleuse », car elle s'appuie sur un vivier « très important » d'aimants jetés à l'échelle européenne : elle espère en effet capter près de 30 % des volumes perdus afin de réaliser sa production, là où seul 1 % des aimants sont aujourd'hui recyclés. Et ainsi sortir de la dépendance chinoise, à la fois en termes de ressources en terres rares (néodyme, dysprosium etc.), mais aussi en termes de capacités d'enrichissement.