Classée par l’UE parmi les 100 PME les plus éco-innovantes du continent, cette PME est la seule entreprise au monde capable de produire des métaux rares et précieux issus à 100% du recyclage de déchets. Alors que la planète se dispute palladium et lithium pour équiper smartphones et voitures électriques au risque d’épuiser les gisements, WeeeCycling se flatte de proposer une alternative vertueuse à l’extraction minière en matière d'environnement.Des pyramides de téléphones portables, des montagnes d'ordinateurs, des amoncellements d'unités centrales, des rangées d'anciens compteurs EDF et un peu plus loin d'énormes sacs bourrés de cartes électroniques. Le décor n'est pas sans évoquer celui du génial film d'animation Wall E signé Pixar. Nous sommes dans l'ancienne usine d'embouteillage de la liqueur Bénédictine dans la banlieue de Fécamp, devenue une cathédrale de l'économie circulaire.
C'est là que l'entreprise Morphosis fondée en 2008 et sa jeune société sœur WeeeCycling extraient et affinent -thermiquement et chimiquement- les métaux rares et précieux issus de déchets ou de rebuts de la production industrielle collectés à travers la planète. Serge Kimbel, PDG et fondateur des deux entités, revendique un procédé écologiquement vertueux. « Produire un kilo de métal par l'extraction minière requiert 2,6 millions de litres d'eau quand nos process n'en utilisent que 50 et génèrent mille fois moins d'émissions carbone », vante t-il.
L'alchimie du 21e siècle
Le groupe normand, seul au monde à proposer du 100% recyclé, se positionne en concurrent des grandes compagnies minières chez qui cette activité reste marginale. Lauréat du concours mondial des entreprises innovantes, lui en a fait son cœur de métier. Il développe depuis une dizaines d'années des technologies permettant d'extraire les métaux fins dans tous les types de déchets « même à l'état de traces dans des poussières ou des boues industrielles ». En sortie des installations, ceux-ci sont transformés en sels, en billes de métal ou encore en solutions d'or, d'argent, de palladium, de rhodium, de lithium ou de cobalt.
Secret industriel oblige, Serge Kimbel ne dévoilera pas quelle quantité de métal affiné sort de son usine (il parle de plusieurs milliers de tonnes) mais il garantit « une pureté de l'ordre de 98% ». « Il n'y aucune distinction possible entre les métaux que nous produisons et ceux provenant des mines, y compris leur coût », assure t-il.