Et il est vrai que le biogaz, peu développé jusqu'ici, semble déjà avoir entamé sa croissance : en 2022, 7 TWh PCS de biométhane (obtenu par épuration de biogaz) ont ainsi été injectés dans les réseaux de gaz naturel, soit une hausse de 61 % par rapport à l'année précédente, indique le Ministère de la Transition énergétique sur son site.
Issu de la fermentation de matières organiques, le biogaz possède de nombreux atouts, le premier étant son caractère renouvelable et la bonne maîtrise de sa production. Mais celle-ci requiert néanmoins quelques étapes « avant de pouvoir valoriser ce biogaz, c'est-à-dire l'injecter dans le réseau de gaz naturel ou en faire de l'électricité », rappelle Charly Germain, fondateur de la société lyonnaise Deltalys.
« L'une de ces étapes est la filtration, c'est-à-dire, le fait de débarrasser le gaz des composés indésirables qui proviennent de la dégradation des déchets », poursuit-il. Car le biogaz créé se compose à la fois de méthane (CH4), de dioxyde de carbone (CO2) mais aussi de diazote (N2), d'ammoniac (NH3) et d'hydrogène sulfuré (H2S).
Cette étape, qui s'avère à la fois assez complexe et onéreuse, repose dans la majorité des cas sur l'usage d'un filtre composé de charbon. Un procédé que la société lyonnaise Deltalys, installée entre Villeurbanne et la Vallée de la Chimie, tente de rendre plus responsable grâce à son filtre éco-innovant qui permet d'éliminer l'hydrogène sulfuré. Une solution développée depuis dix ans qu'elle entend désormais industrialiser.