Est-ce la fin de la mauvaise passe pour Carbios ? L'entreprise, pionnière du biorecyclage des plastiques et textiles, vient en tout cas d'annoncer la signature de ses premiers contrats avec deux leaders mondiaux de la cosmétique. L'Oréal et L'Occitane en Provence s'engagent à s'approvisionner sur plusieurs années avec le PET (polyéthylène téréphtalate) biorecyclé de la biotech auvergnate pour fabriquer leurs flacons.
Une bonne nouvelle pour l'entreprise, cotée sur Euronext Growth, qui enchaîne les déconvenues depuis quelques mois. Après le départ de son directeur général Emmanuel Ladent, en décembre, le groupe avait dû lancer un plan de restructuration en début d'année afin de réduire ses dépenses et faire des économies, supprimant 40% de ses effectifs, soit 66 postes sur 170. Il avait été aussi contraint de reporter de plusieurs mois la construction de sa première usine, en attente de financement. Avant un nouveau coup de tonnerre, en mars, avec la démission de Philippe Pouletty, fondateur de l'entreprise et président du conseil d'administration, pour « divergences stratégiques ».
Ces deux contrats stratégiques avec des marques mondialement connues, par ailleurs actionnaires de la cleantech, pourraient donc permettre à Carbios de tourner la page et de lancer véritablement la commercialisation de son PET biorecyclé.
« Cela crée une dynamique très positive et nous sommes confiants, d'autres contrats vont suivre. Nous devrions être en mesure d'en annoncer de nouveaux d'ici l'été. Cela pourrait avoir lieu dans la cosmétique, le pneu, le textile ou la boisson », assure Vincent Kamel, le nouveau directeur général de Carbios.