La start-up, issue du CEA, élabore un réacteur nucléaire de quatrième génération utilisant des sels fondus. Elle vient de lever 23 millions d’euros auprès de deux fonds américain et français, ainsi que de ses investisseurs historiques, et entend progresser dans un marché de plus en plus resserré.Elle a peu communiqué ces dernières années, mais l'annonce de la levée de 23 millions d'euros marque un tournant. La start-up Stellaria, spin-off du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) créée en 2023, confirme aujourd'hui sa deuxième levée de fonds auprès de l'investisseur américain At One Ventures (déjà financeur de la start-up suisse Transmutex) et du français Supernova, en plus de ses partenaires historiques (CEA Investissement, Schneider Electric, Exergon et Technip Energies).
Cette levée, composée de 14 millions d'euros en augmentation de capital et de 9 millions d'euros en non-dilutif, vient s'ajouter aux 10 millions d'euros de subventions du programme « réacteurs nucléaires innovants » de France 2030, et d'un premier financement de 1,7 million d'euros réalisé il y a deux ans.
Ici, l'objectif est de poursuivre l'élaboration d'un prototype de réacteur nucléaire de quatrième génération utilisant le sel fondu comme fluide caloporteur. Avec Thorizon et Naarea en France, la start-up travaille sur cette technologie censée être « plus sûre » que les réacteurs actuels, car sans pression, mais qui fait encore face à de nombreux freins technologiques, encore non éprouvés.
Remplacer la cuve et non les combustibles
Le principal enjeu de ce projet de réacteur, utilisant du sel de table fondu à 600 degrés, concerne la corrosion des matériaux. Alors que la start-up franco-néerlandaise Thorizon conçoit son réacteur avec un système de cartouches de combustibles, remplaçables tous les cinq ans, Stellaria prévoit plutôt, quant à elle, de remplacer non pas les combustibles, mais la cuve tous les dix ans.