Un sanguin amoureux d'une alouette

Au Lucernaire, le décor de toiles peintes est pastel et or, rococo, exquis, sucré comme une pâtisserie : on se croirait chez Angélina. C'est, a pensé Christian Le Guillochet, le metteur en scène, le cadre d'un petit château où la troupe de Molière s'arrêterait pour jouer. Cette fantaisie mise à part, Le Guillochet ne s'embarrasse d'aucune fioriture : il fait jouer la pièce d'une traite (en une heure quarante), avec une belle franchise, s'attachant à ce que les comédiens qui jouent comme en gros plans dans l'espace de son petit théâtre, soient émouvants, drôles. Ils le sont : du Philinte amical de Jean-Luc Kaiser, à l'Oronte désopilant et candidement humain de Jean-François Levistre. Ici, Alceste est un homme dans la force de l'âge, revenu de tout, sauf de sa passion pour une trop jeune, trop inaccessible beauté. Le sanguin est amoureux d'une alouette. Michel Papineschi, fragile et déchiré sous ses formidables colères, est saisi par le démon de midi face à Sophie-Anne Lescène, fine et mutine. Au dénouement, enfermé en lui-même, il claque la porte, tandis qu'elle, avalant son remords, ouvre ses bras à l'avenir. C. A.

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