Les syndicats algériens vent debout

L'Algérie veut ouvrir ses ports aux capitaux privés pour les moderniser : le gouvernement algérien vient en effet de mettre fin au monopole des entreprises portuaires publiques sur les activités de remorquage, de manutention et d'acconage dans les ports de marchandises générales - les ports pétroliers ne sont pas concernés.Selon la nouvelle loi, l'exercice de ces activités s'effectuera sur la base d'une convention de concession dont la durée est limitée à vingt ans. L'arrivée de nouveaux opérateurs dans les ports algériens devra attendre l'élaboration, en cours, d'un cahier des charges et le lancement d'un appel d'offres à la concurrence.Cette libéralisation des ports algériens attire les trois premiers armateurs du monde, Maersk Sealand, MSC et CMA-CGM. Celui-ci, dirigé par Jacques Saâdé, veut réaliser des terminaux à conteneurs et des ports à sec pour asseoir sa domination sur le marché algérien et renforcer ses positions dans le Maghreb et la Méditerranée. Le groupe Gofast de l'homme d'affaires Arezki Idjarouidene (propriétaire de la compagne aérienne Aigle Azur), Dubaï Port et d'autres capitaux arabes du Golfe sont également intéressés.Selon nos sources, les ports d'Alger, d'Oran et de Djendjen (à l'est du pays) intéressent particulièrement les groupes étrangers. "Les ports d'Alger et d'Oran ont besoin d'un investissement de près de 60 millions de dollars américains chacun. Celui de Djendjen plus de 100 millions de dollars, mais il représente un intérêt stratégique. Il possède des tirants d'eau profonds et peut recevoir de gros bateaux et être utilisé pour le transbordement sur l'Algérie et la Méditerranée. Le taux de conteneurisation des ports algériens est très faible, moins de 30 %. Leur modernisation nécessite d'importants investissements. Mais l'Algérie a lancé un plan de relance économique de 80 milliards d'euros et ses importations ne cessent d'augmenter", explique un proche du dossier.Rejet de modernisation. La libéralisation des ports risque de prendre du retard. Le gouvernement doit en effet accélérer la réforme des ports et surtout convaincre les syndicats qui refusent cette libéralisation. Forte de près de 16.000 travailleurs, la coordination syndicale de dix ports concernés par la libéralisation campe sur ses positions : "Nous rejetons cette libéralisation parce que le gouvernement n'a mené aucune concertation pour une opération mettant en péril des milliers d'emplois."Hamid Guemache, à Alge

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