Roland Castro : " Grand Paris : " Il faut partir d'un projet urbain" "

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Demain est la date limite de candidatureà l'appel d'offres lancé par le ministèrede la Culture sur " le grand pari de l'agglomération parisienne ". Vous-même travaillez depuis longtemps sur l'idée d'un Grand Paris. Quelle en est votre vision ?Je défends le concept de polycentralité ou de centralités périphériques. L'hypercentralité du Paris historique a été dramatique en termes de développement urbain. On a allongé les fils vers l'extérieur. Je pense qu'il faut plutôt construire un Grand Paris en pétales, chaque pétale s'appuyant sur un, deux, trois " événements ". Prenez la zone entre Paris et Versailles. Entre cette bicentralité historique datant de trois siècles, ont été structurés un ensemble de logements et d'activités économiques homogènes. Tout cela fonctionne bien. Issue d'une décision autoritaire, La Défense peut devenir un autre " pétale " du Grand Paris, à condition de le prolonger jusqu'à la Seine. Idem pour Saint-Denis, où nos rois de France sont en dépôt et où on a quand même inventé le gothique ! Il faut aussi refaire le pôle Rungis-Orly, créer une " Défense bis " autour de Créteil, etc. En fait, il s'agit de mettre de l'intérêt public partout. En insistant sur les bords des pétales, là où cela va le plus mal. Il faut implanter des sièges d'entreprise à Villiers-le-Bel, créer une cinémathèque à Montfermeil ! Il faut transformer ces villes en endroits attractifs où l'on aime venir s'y promener, y vivre, y travailler.Encore faut-il que les infrastructures de transport permettent d'y venir...Bien sûr ! Mon idée est de mettre en place un double réseau de transports publics, en plus de l'existant. D'une part, il faut permettre ce que j'appelle le cabotage poétique, à base de tram, avec une ligne faisant le tour de Paris au niveau de Saint-Denis et Bobigny, et une autre ligne circulaire au-delà de l'A86. Ce réseau serait doublé par un autre, ferroviaire, très rapide celui-là. Le tout serait connecté avec des batobus sur la Seine. L'idée est de transformer le concentrique en maillage, de casser l'effet de centre.Quelle solution préconisez-vous pour l'organisation administrative du Grand Paris ?Il faut partir d'un projet urbain, pas des structures. Cela dit, il ne faut pas être naïf. Il faut une autorité reconnue par les citoyens, qui aurait les compétences sur les transports et le logement. Elle seule pourrait lutter contre les clientélismes locaux, et mettre les riches chez les pauvres et les pauvres chez les riches.Êtes-vous confiant dans l'avancée du dossier ?Au moins il y a de la volonté politique tant de la part de Nicolas Sarkozy que de Bertrand Delanoë, et d'autres qui réalisent maintenant l'importance historique de ce projet. Ça aide. Je crois à la volonté.Qu'attendez-vous du plan banlieues, qui doit être annoncé vendredi ?Pour les banlieues, j'attends surtout le Grand Paris. Les problèmes se régleront quand on aura démantelé les cités, qu'elles seront désenclavées, mises en réseau, embellies... Le Grand Paris, c'est tout ça. Avec le Grand Paris, la question des banlieues disparaîtra.

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