Onze milliards de «dépenses Jospin»

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Le décret d'avance, destiné à financer les premières mesures sociales du gouvernement Jospin, sera publié aujourd'hui au Journal officiel. Ce décret finance une somme inférieure au montant évoqué jusqu'à présent par le gouvernement. Ce ne sont pas 12 à 13 milliards de francs de crédits qui sont ouverts, mais seulement 10 milliards. En outre, 1,1 milliard de dépenses gelées par le gouvernement Juppé ont été « dégelées », soit un total de crédits de 11,1 milliards. Une somme destinée à financer, comme prévu, la majoration de l'allocation de rentrée scolaire (6,426 milliards), le lancement des emplois-jeunes (2 milliards), des mesures en faveur du logement social (1,7 milliard), ainsi qu'un « fonds de restauration sociale » (cantines scolaires), doté dans l'immédiat de 290 millions de francs. Ce fonds devrait aider plus de 300.000 enfants exclus des cantines, « principalement dans les collèges ». Le gouvernement insiste sur son programme en faveur de l'emploi des jeunes, annonçant le recrutement de 30.000 à 50.000 d'entre eux d'ici à la fin de l'année. En fait, le plan devrait démarrer à zéro en octobre, pour toucher 50.000 jeunes fin décembre, soit une moyenne de 25.000 emplois au cours du dernier trimestre. D'où le chiffre annoncé de 2 milliards de francs. Pour financer ces mesures sans alourdir le déficit, le gouvernement annule des crédits pour un montant équivalent. La technique du décret d'avance le lui impose d'ailleurs. Les crédits annulés sont ceux gelés en début d'année par le gouvernement Juppé (La Tribune du 27 juin). La Défense voit ses crédits annulés à hauteur de 1,8 milliard de francs, cette amputation étant proportionnelle au poids de ce budget dans le budget de l'Etat. Au-delà, Bercy précise toutefois que sur les 10 milliards gelés par Juppé, 2,5 milliards seront rendus aux ministères ou redéployés. Le gouvernement Jospin a dû trouver 2,5 milliards d'économies supplémentaires, pour parvenir à 10 milliardsd'annulations de dépenses. Il va notamment annuler 1,3 milliard de crédits destinés à financer le contrat initiative-emploi (CIE). Une simple économie de constatation, précise Bercy, le CIE n'étant plus plébiscité par les employeurs : seules 200.000 personnes seraient concernées par ce dispositif au cours de cette année, contre 300.000 prévues. 700 millions de francs d'économies sont par ailleurs annoncés sur certaines dépenses en faveur de l'emploi. Les remises en cause de crédits du ministère du Travail financent donc le plan en faveur des jeunes. I. B.

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