Dans la région, la France prend appui sur le Qatar

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Un allié de choix qui nous préserve de nos autres... amis ! " C'est par cette boutade qu'un officiel qatari de haut rang résumait en décembre la manière dont la France est jugée au Qatar. Face à un protecteur américain parfois encombrant et qui aimerait bien être soutenu sans réserve dans son bras de fer avec l'Iran, la France fait figure d'allié bien plus accommodant. De fait, depuis quelques années, l'idylle entre Paris et Doha est l'une des évolutions les plus notables dans le Golfe.Sur le plan économique, la France, selon une note de la mission économique de l'ambassade de France à Doha, " occupe le dixième rang des fournisseurs du Qatar avec 6 % des importations de ce pays (hors aéronautique) ". Dans la zone du Conseil de coopération du Golfe (CCG), poursuit le document, " le Qatar représente le troisième partenaire commercial de la France avec 20,5 % des exportations, l'Arabie Saoudite 24 % et les Émirats arabes unis 46 % ".Si les échanges entre les deux pays restent très influencés par les ventes d'Airbus (en 2005, le ralentissement des livraisons de l'avionneur a provoqué une baisse des exportations françaises de 23 %), il reste que les ventes hors aéronautique ne cessent de progresser (+ 33 % à 398 millions d'euros en 2006 contre 300 millions d'euros en 2005 et 180 millions d'euros en 2004.)Les exportateurs français profitent ainsi de la volonté de diversification de l'Émirat qui, en 2006, a été au septième rang des pays générateurs d'excédents commerciaux pour la France. Enfin, les échanges entre le Qatar et la France concernent aussi l'énergie (lire ci-contre), Paris ne souhaitant pas perdre de terrain dans un pays qui possède les troisièmes réserves de gaz naturel mondiales.Mais le rapprochement franco-qatari ne s'effectue pas que dans le commerce. Paris compte beaucoup sur Doha, peut-être plus que sur Abou Dhabi ou Riyad, pour porter son offre de nucléaire civile dans la région. " Je vois mal les pays du Golfe opter pour une technologie américaine qui équivaudrait à un message négatif envoyé à l'Iran ", confie-t-on dans l'entourage du cheikh Al-Thani. En revanche, sous réserve que les relations franco-iraniennes ne se détériorent pas, la technologie française a de vrais atouts.DES LIENS POLITIQUESEnfin, le lien franco-qatari est aussi politique. Sans l'aide financière du cheikh Al-Thani qui a contribué à la " réparation " versée aux Libyens, les infirmières bulgares n'auraient pu être libérées. Et, à Paris, on compte beaucoup sur le rôle modérateur du Qatar, notamment à propos du conflit israélo-palestinien. Un progrès, quand on sait que la France avait très mal réagi lorsque l'actuel cheikh avait chassé son père du pouvoir en 1995...

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