Europe : les pays de l'Est décrochent

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Certains redoutaient un clash Est-Ouest hier à Bruxelles. L'organisation d'un mini sommet entre neuf dirigeants des pays de l'Est dans la matinée, juste avant le déjeuner des Vingt-Sept consacré à la crise, laissait présager la création d'un front commun des mécontents. C'était la réunion des « pauvres » craignant que les « riches » ne jouent cavalier seul en « achetant » leur sortie de la crise. Ces dernières semaines, les pays de l'Est n'avaient pas caché leur irritation devant les tentations protectionnistes de certains, à commencer par la France, et manifesté leur déception du manque de solidarité face aux problèmes de liquidités et de changes qu'ils traversent. Finalement, ce mini sommet, perçu au départ comme un défouloir, s'est révélé raisonnable. Il fallait « montrer que l'Europe ne doit pas être divisée entre nouvelle et vieille Europe, Nord et Sud, Est et Ouest », a expliqué le tchèque Mirek Topolanek, qui préside actuellement l'Union européenne. La « photo de famille » à neuf initialement prévue a même été annulée, pour laisser la vedette à la photo officielle des Vingt-Sept. Le Premier ministre polonais Donald Tusk, organisateur de ce mini sommet, a tout de même appelé, de manière mesurée, les pays européens à adhérer aux règles et aux principes européens et à résister à toute tentation protectionniste.Une modération bienvenue car Nicolas Sarkozy, qui s'est livré à un véritable plaidoyer pour réfuter toute velléité protectionniste, l'attendait de pied ferme : « Lorsque les Polonais demandaient à la Commission de pouvoir soutenir leurs chantiers navals, je les ai même aidés et personne ne m'a entendu dire que c'était du protectionnisme ! » Sur le soutien au secteur automobile, le chef de l'État a même osé : « Le plus surprenant, c'est qu'on ne demande pas à ces pays-là de participer aux plans, car quand on sauve des grands groupes européens comme Renault ou PSA, on sauve des emplois partout en Europe. »Vendredi, la Banque européenne de reconstruction et de développement, la Banque européenne d'investissement et la Banque mondiale ont annoncé le déblocage de 24,5 milliards d'euros sur deux ans pour aider les banques et les entreprises d'Europe centrale et orientale à faire face à la crise. En arrivant à Bruxelles, le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany plaidait pour un plan d'aide aux banques de l'Est bien plus ambitieux, compris entre 160 et 190 milliards d'euros. Angela Merkel a rejeté l'idée d'un plan de sauvetage global, arguant que la situation était très différente d'un pays à l'autre. L'Union ne laissera cependant « personne sur le bord de la route », a expliqué Mirek Topolanek et soutiendra les pays de l'Est qui en ont besoin, mais au cas par cas. La Hongrie souhaitait également une « accélération » de l'intégration des pays de l'Est dans la zone euro, présentée comme un parapluie face à la crise. Le président de l'Eurogroupe, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a douché ses espoirs en disant ne pas croire que « les critères d'adhésion puissent être changés du jour au lendemain ».

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