L'Azerbaïdjan porte un mauvais coup au gazoduc Nabucco

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ÉnergieDans la guerre que se livrent russes et européens pour les vastes réserves gazières de la Caspienne, les premiers viennent de marquer des points. Socar, le géant d'État azéri, a signé lundi un accord avec Gazprom donnant à ce dernier la priorité sur les volumes ? jusqu'ici réservés pour le gazoduc Nabucco, un projet soutenu par l'Union européenne.Le président russe, Dmitri Medvedev (qui jusqu'à son élection présidait le conseil de surveillance de Gazprom), s'est rendu spécialement à Bakou pour arracher l'accord et a déclaré n'avoir « absolument aucun motif politique ». Il n'empêche que les volumes azéris vont couler dans le futur gazoduc de Gazprom, baptisé South Stream. Du coup, son rival Nabucco vacille de nouveau, faute des volumes azéris, qui devaient représenter jusqu'à la moitié de la capacité du gazoduc.Le contrat avec Bakou stipule que Gazprom va commencer par acheter 500 millions de mètres cubes de gaz azéri à partir de 2010. Un volume modeste pour l'instant, mais dont Gazprom dit qu'il augmentera. L'essentiel étant que Gazprom ait obtenu la priorité sur le principal gisement gazier du pays, Shah Deniz. D'après le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, « les autres acheteurs seront contraints d'offrir des conditions financières supérieures » pour obtenir du gaz de Shah Deniz.L'an dernier, Gazprom avait déjà proposé d'acheter la totalité du gaz que Bakou était prêt à vendre. Jusqu'ici, l'Azerbaïdjan était la seule ancienne république soviétique à être totalement indépendante de Moscou sur le plan gazier. Les experts estiment que Bakou fait monter les enchères sur son gaz et que la balle est désormais dans le camp européen, tandis que Gazprom multiplie les initiatives pour torpiller Nabucco. D'une part, en accaparant tout le gaz d'Asie centrale, qui ne peut être transporté que via les gazoducs du monopole d'État russe. D'autre part, en proposant des gazoducs concurrents aux principaux pays de transit vers le sud de l'Europe. Les Européens attendent maintenant l'accord crucial d'Ankara concernant Nabucco, prévu pour ce mois-ci. Emmanuel Grynszpan, à Moscou

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