Le Trésor américain vole au secours d'AIG

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Compte tenu du risque systémique que continue de représenter AIG et de la fragilité actuelle des marchés, le coût potentiel de l'inaction de la part du gouvernement serait très élevé pour l'économie et les contribuables. » Après avoir déjà engagé 150 milliards de dollars depuis septembre contre près de 80 % de son capital (sans droit de vote) pour éviter au numéro un américain de l'assurance de faire faillite, le gouvernement fédéral s'est résigné à renforcer, comme avec Citigroup, son rôle d'actionnaire au détriment de celui de créancier à court terme.Hier, le Trésor et la Réserve fédérale ont annoncé l'octroi d'une nouvelle aide de 30 milliards de dollars à l'assureur et la conversion prévue demain des actions préférentielles du gouvernement en « de nouvelles actions préférentielles aux termes révisés ressemblant davantage à des actions ordinaires ». Cette opération apportera 77,9 % du capital au Trésor. De plus, la Réserve fédérale va prochainement réduire la ligne de crédit de 60 milliards de dollars octroyée à l'assureur en échange d'actions préférentielles dans deux de ses filiales?: Alico et AIA. Très implantées en Asie, elles ont vocation à terme à être cédées ou introduites en Bourse. Selon les termes de l'échange, la valeur de cette ligne de crédit sera ramenée, au minimum, à 25 milliards de dollars. AIG prévoit par ailleurs de scinder jusqu'à 20 % de ses activités d'assurance dommages. Enfin, les termes des emprunts accordés par l'État à AIG seront révisés afin qu'ils soient moins onéreux.Pour le gouvernement fédéral, il était urgent d'agir. AIG a publié hier une perte de 61,7 milliards de dollars au titre du quatrième trimestre de 2008 ? la plus importante jamais annoncée par une société américaine ?, portant son résultat net négatif de l'année dernière à 99,3 milliards de dollars. Les quelques bénéfices dégagés par certaines divisions de l'assureur ont été largement inférieurs aux dépréciations d'actifs, pertes sur investissement et autres charges de restructuration accusées par le groupe au trimestre dernier.présent dans 130 paysDepuis que le gouvernement fédéral s'est porté pour la première fois au secours de l'assureur en septembre 2008, AIG a employé une large part des fonds publics qui lui ont été alloués pour déboucler ses positions dans les contrats de couverture contre le risque de défaut obligataire (CDS). Mais selon le cabinet CreditSights, AIG reste exposé à hauteur de 300 milliards de dollars aux « credit default swaps ». L'administration Obama est déterminée à sauver le groupe présent dans 130 pays car sa faillite affecterait ses contreparties, et donc l'ensemble des marchés financiers, mais aussi ses assurés américains, dont 30 millions de particuliers, ainsi que des milliers d'entreprises et de collectivités.Malgré l'ampleur de l'aide apportée, l'administration Obama ne se fait pas d'illusion. Redresser AIG « prendra du temps et nécessitera peut-être un nouveau soutien public », a averti hier le gouvernement. Placé à la tête du groupe pour le restructurer, le PDG, Edward Liddy, a indiqué que « la structure de conglomérat d'AIG était trop compliquée, en particulier dans le contexte de marché actuel », mais il a prévenu qu'il se refusait à céder des activités à un « prix brad頻. L'aide nouvelle doit donc permettre à AIG de procéder à des cessions dans des conditions qui soient aussi favorables aux intérêts de l'État actionnaire et « in fine, AIG deviendra une entreprise bien plus petite », a prévenu le responsable. Selon le groupe, des repreneurs potentiels se sont déjà manifestés pour sa filiale de location d'avions, ILFC. nL'administration Obama est déterminée à sauver AIG. Sa faillite affecterait l'ensemble des marchés financiers.

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