Les dirigeants américains sous les fourches Caudines des tests bancaires

« Bien sûr, bien sûr. » Interviewé début avril sur CBS, Timothy Geithner s'est voulu très clair : le Trésor n'hésitera pas à évincer les patrons incapables de redresser les banques ayant perçu des fonds du plan de stabilisation financier (Tarp). Or, cette semaine, les autorités doivent révéler le résultat des « stress tests » des dix-neuf plus grandes banques du pays. Faute de pouvoir lever des fonds privés, elles devront convertir les actions préférentielles de l'État en actions ordinaires, ce qui renforcerait son influence sur leur conseil d'administration et pourrait se révéler fatal à leur direction.investisseurs furieuxLes actionnaires de Bank of America (Bofa) n'ont pas attendu le résultat du test pour agir. Mercredi, en assemblée générale, Kenneth Lewis a conservé son siège d'administrateur mais a été privé de son poste de président. Lewis n'est donc plus que directeur général de Bofa. Selon RiskMetrics, cabinet de gouvernance d'entreprise, c'est la première fois que des actionnaires du S&P 500 parviennent à obtenir la séparation des deux fonctions.Des investisseurs, furieux d'avoir été poussés au rachat de Merrill Lynch qui a contraint Bofa à accepter une aide supplémentaire du Tarp, veulent aller plus loin. « Au minimum, le conseil devrait accélérer la succession du directeur général et initier le long processus de sa propre réforme », estime CtW, le représentant de fonds de pension et de syndicats dans le capital de Bofa. Ces actionnaires déplorent que Lewis ait été remplacé par un allié, Walter Massey.D'après Reuters, les régulateurs dévoileront mardi les résultats des « stress tests » aux banques et jeudi au public. Les autorités pourraient alors demander aux banques concernées de lever collectivement 150 milliards de dollars, dont 10 milliards de dollars par Citigroup selon « The Wall Street Journal ». Cela pourrait fragiliser les patrons de certains établissements. Le cabinet d'analyse Atlantic Equities estime que Bofa aura pour sa part besoin de convertir jusqu'à 45 milliards de dollars de titres préférentiels détenus par le gouvernement américain en actions ordinaires, soit l'intégralité des fonds perçus du Tarp. Éric Chalmet, à New York

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