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Du « small government » à une administration très active

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Publié le 18 novembre 2008 à 00:26 - Mis à jour le 18 novembre 2008 à 00:26

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L'Amérique ne sera jamais plus comme avant. Ou tout au moins, jamais plus comme les 20 dernières années. Car l'ère du « small government » semble toucher à sa fin. Si c'est le président Ronald Reagan qui, par idéologie, l'avait initiée, limitant les domaines d'intervention des administrations, « il ne faut pas oublier que c'est le président Clinton qui a déréglementé le système bancaire », rappelle Tony Avirgan, chercheur à l'Economic Policy Institute à Washington. De fait, quand l'économie va bien, tous les acteurs, outre-Atlantique, se prononcent pour le « laisser-faire » et font confiance aux qualités d'autorégulation dont on pare le capitalisme. Face à la crise financière qui sévit depuis plusieurs semaines, les Américains ne peuvent que constater les conséquences désastreuses de cet angélisme. Le gouvernement aussi : d'abord la crise de l'immobilier et des subprimes, puis la débâcle bancaire, suivie de la débandade des marchés financiers, et enfin, la contamination à l'économie réelle. De quoi faire oublier toute idéologie à Hank Paulson, le secrétaire au Trésor. Cap sur le pragmatisme, donc, sous forme d'achats de créances toxiques, de recapitalisation des banques et de prises de participation. Résultat : le gouvernement est maintenant implanté directement dans le paysage financier et bancaire. Et pourrait l'être pour longtemps, une génération ou plus, « puisqu'il va lui être difficile de se retirer », estime Neal Soss, chef économiste au Credit Suisse, à New York. « S'il le faisait, cela pourrait même conduire à un véritable désastre », ajoute-t-il. Nul ne sait quand le Trésor pourra se délester des créances toxiques qu'il est actuellement en train d'inscrire dans ses livres. Et après avoir donné sa garantie à certaines institutions, son retrait équivaudrait à les torpiller. Un tour de vis en matière de réglementation et de surveillance des activités bancaires et financières devrait compléter le nouveau tableau. Mais ce n'est pas tout. Le nouvel activisme du gouvernement pourrait également se faire sentir dans d'autres domaines. La prochaine administration devra en effet corriger les effets induits par la crise actuelle : chômage, manque d'accès aux soins, pauvreté, etc. Les conséquences dévastatrices de la crise de 1929 avaient forcé le gouvernement de l'époque à mettre au point un filet de sécurité ? allocations chômage et retraite, entre autres, toujours en place, d'ailleurs, même si les conservateurs, de George Bush à John McCain, ont tenté de le détricoter ces dernières années. Les maux provoqués par la crise actuelle pourraient engendrer les mêmes réponses de la part de la prochaine administration. Déjà, sous les deux mandats Bush, près de 10 millions d'Américains ont perdu leur couverture santé, portant le nombre total à environ 50 millions, sur une population de 300. La montée du chômage en cours ne peut qu'aggraver le phénomène, la couverture santé étant essentiellement liée à l'emploi outre-Atlantique. L'idée d'une couverture universelle, même si elle ne fait pas l'unanimité ? Barack Obama a finalement choisi de se tenir à l'écart de ce concept ? est aujourd'hui sérieusement débattue outre-Atlantique, alors qu'elle était considérée comme une hérésie il y a encore quelques années. rupture économiqueLa nouvelle administration pourrait donc intervenir pour contraindre les entreprises à offrir une assurance-maladie à tous leurs salariés, à défaut de mettre sur pied un système public. Associé à d'autres prestations sociales, ce serait donc un nouveau « new deal » qui pourrait voir le jour. Certains économistes, tel le nouveau Prix Nobel d'économie, Paul Krugman, l'appellent de leurs v?ux. Enfin, dernière évolution témoignant de cette rupture économique, l'idée que la fiscalité peut être redistributive. Si c'est toujours un vilain mot pour John McCain, Barack Obama a, là aussi, réussi à imposer le concept dans la campagne.

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