Moscou et Tbilissi de nouveau à cran

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conflitFaut-il redouter une nouvelle explosion de violence entre la Russie et la Géorgie ? Il y a un an, des accrochages répétés autour de Tsinkhvali, la capitale d'Ossétie du Sud, région séparatiste soutenue par Moscou, ont dégénéré en un conflit ouvert entre les forces armées géorgiennes et russes.L'armée géorgienne avait d'abord pris Tsinkhvali après un sévère bombardement. Mais l'immédiate contre-attaque russe a mis en déroute l'armée géorgienne en à peine cinq jours. Moscou en a profité pour reconnaître l'indépendance de la région séparatiste au nez et à la barbe de la communauté internationale. Depuis, l'Ossétie du Sud et une autre région séparatiste, l'Abkhazie, fonctionnent de manière autonome, portées à bout de bras par la Russie.nervosité palpableAujourd'hui, la nervosité est palpable de part et d'autre de la frontière. Lundi, la Géorgie a accusé son puissant voisin nordique d'avoir à nouveau tenté de lui subtiliser par la force un pan de territoire à la frontière d'Ossétie du Sud, pour prendre une position stratégique. Le président d'Ossétie du Sud, Edouard Kokoity, avait ouvertement déclaré la semaine dernière qu'il espérait agrandir le territoire de sa république au détriment de la Géorgie.Plusieurs échanges à l'arme lourde avaient déjà eu lieu les jours précédents entre la Géorgie et la région séparatiste, accompagnant leurs accusations mutuelles. Au point que le ministère de la Défense russe a menacé d'utiliser la force contre la Géorgie pour protéger son allié ossète. Pour donner davantage de poids à ses menaces, l'armée russe parle de « provocation » et de « scénario déjà vu ».accusations russes Toutefois aujourd'hui, Tbilissi n'a plus les moyens d'une guerre et Washington refuse de cautionner une solution militaire au problème. Les États-Unis limitent leur coopération à la formation de l'armée géorgienne, en dépit des accusations russes selon lesquelles Washington fournirait des armes à Tbilissi.De son côté, Moscou ne digère pas d'avoir perdu son influence sur la Géorgie, ex-satellite soviétique, avec l'arrivée au pouvoir de Mikheil Saakachvili en 2004. Ce dernier cherche à intégrer l'Otan et casse le monopole russe du transit des hydrocarbures de la mer Caspienne vers l'Europe. Mais même si Kremlin ne cache aucunement son désir de voir chuter le président pro-américain Mikheil Saakachvili, il serait incapable de le remplacer par un homme loyal envers Moscou.Depuis la guerre de l'an dernier, l'opposition géorgienne n'est pas plus favorablement disposée envers la Russie que le président actuel. Bien que la crise économique frappe durement la Russie, les tensions sociales sont loin d'avoir atteint un niveau critique suffisant pour que Moscou ait besoin d'offrir une victoire militaire aux Russes.Reste que le Kremlin conserve un intérêt évident à maintenir l'instabilité dans la région : il s'agit de saboter le projet occidental de consolidation du « corridor énergétique » contournant la Russie entre la mer Caspienne et l'Europe. Déjà deux oléoducs et un gazoduc financés par l'Occident traversent le pays. Et les avancées du projet Nabucco, dont un bras pourrait s'étendre à travers la Géorgie vers l'Azerbaïdjan et le Turkménistan, exaspèrent au plus haut point le Kremlin. nun nouveau conflit mettrait le « corridor énergétique » géorgien en péril, y compris le projet de gazoduc Nabucco.

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