L'Europe renforce la protection des épargnants

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Rien de spectaculaire mais les grands argentiers européens réunis hier à Luxembourg ont réussi à s'entendre sur le minimum. Ils devaient à la fois prouver qu'ils étaient capables de faire corps face à la crise financière et adresser un message rassurant aux épargnants. "L'Europe est unie face à la crise financière et déterminée à agir de façon coordonnée", a déclaré Christine Lagarde à l'issue de la réunion.Il était évident qu'à vingt-sept, les ministres européens des finances ne feraient pas mieux que les quatre chefs d'Etat réunis samedi à Paris à l'initiative de Nicolas Sarkozy. Impossible de s'entendre sur une action commune européenne, reste alors à tenter de coordonner la politique du "chacun pour soi". Le concept paraît paradoxal mais les vingt-sept font mine d'y croire.La délégation italienne n'a pas pu s'empêcher de mettre de l'huile sur le feu en lançant que l'annonce d'un fonds européen aurait adressé "un message plus fort". "C'est encore prématuré" indique l'eurodéputé allemand Ingo Friedrich à La Tribune. "J'espère qu'un tel fonds ne sera pas nécessaire. La position allemande, c'est d'attendre et de voir encore quelques semaines" poursuit le démocrate-chrétien. Au-delà de la promesse donnée de soutenir "toutes les institutions financières à caractère systémique" - autrement dit les grosses banques - et ainsi d'éviter tout risque d'effet domino, les ministres européens se sont fait un point d'honneur d'agir concrètement pour les épargnants.UNITE DE FACADELe montant minimum de garantie bancaire des particuliers devrait ainsi passer de 20.000 à 50.000 euros en cas de faillite de leur banque, et "de nombreux Etats" souhaitent aller plus loin "à au moins 100.000 euros" note la déclaration finale de la réunion. Reste que cette unité de façade, affichée hier au Luxembourg, a été quelque peu écornée par des déclarations de plusieurs capitales européennes.À Berlin, la chancelière allemande, qui a défendu sa gestion de la crise devant le parlement allemand, a critiqué le plan irlandais pour protéger ses banques nationales, qualifié d' "inacceptable" et d'entorse à la concurrence en Europe. De même elle a réitéré son refus de mise en place d'un fonds européen pour soutenir le système bancaire.Les responsables espagnols, qui ont annoncé la création d'un fonds anti-crise (lire encacdré), ont aussi vertement critiqué la mini-réunion à 4 pays organisée samedi dernier à Paris par Nicolas Sarkozy. De son côté, le président Bush s'est entretenu hier avec les dirigeants français, italiens et britanniques, afin de préparer la runion des ministres des finances du G7 de vendredi, à Paris.Un fonds espagnol de 30 milliards d'eurosLe président du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, a annoncé hier soir la plus originale de ses mesures anticrise : la création d'un fonds de caractère public doté initialement de 30 milliards d'euros (50 milliards dans un deuxième temps), qui aura pour objectif d'acquérir des " actifs de qualité " auprès des entités financières, afin de couper court à l'actuel credit-crunch par cette injection massive de liquidités. Ce fonds, a-t-il souligné, n'achètera toutefois que les " actifs sains " : son objectif n'est nullement de libérer les banques de leurs " actifs toxiques " ou de les sauver au bord du gouffre, a insisté le chef du gouvernement, mais bien de relancer le crédit aux entreprises et aux particuliers.

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