Inde  :  élections géantes, incertitude maximale

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Bientôt le coup d'envoi des élections générales indiennes, destinées à renouveler le Parlement. L'opération est colossale : il s'agit de faire voter 714 millions de personnes, tous les Indiens âgés de plus de 18 ans. 543 circonscriptions sont concernées, dans un pays vaste comme un continent, certaines ayant la taille d'un petit pays? La complexité de la logistique et les impératifs de sécurité obligent à organiser le vote en cinq étapes espacées d'une semaine, entre le 16 avril et le 13 mai. Au total, près de 6 millions de personnes seront chargées d'organiser et de contrôler le scrutin, qui se déroulera grâce à 1,3 million de machines électroniques installées dans les 828?000 bureaux de vote. deux partis nationauxLes journées de battement sont utilisées pour déplacer le matériel, les fonctionnaires chargés du vote et les forces de l'ordre. Le dépouillement aura lieu le 16 mai : dans chaque circonscription, le candidat arrivé en tête sera élu. Dans le cadre du système parlementaire indien, établi sur le modèle britannique, le leader du groupe le plus nombreux au Parlement sera chargé de constituer le gouvernement.Là où le système indien diverge radicalement de Westminster, c'est dans le morcellement de la vie politique. Il y a certes deux partis nationaux, et deux seulement, mais ils sont incapables d'emporter une majorité à eux seuls. Il leur faut rassembler une coalition avec quelques-uns des dizaines de partis locaux ou régionaux en lice. Un exercice d'autant plus difficile que les « petits partis » ne s'intéressent souvent qu'à des sujets très spécifiques, étant « créés autour des questions liées à la caste, à l'ethnie ou au territoire », note une étude de l'Ifri.Le principal enjeu des élections est donc de savoir qui pourra constituer la prochaine majorité. Le parti au pouvoir, le Congrès, dirigé par Sonia Gandhi, compte bien y rester. Parti de centre gauche et surtout laïc, c'est-à-dire non communautariste, le Congrès a choisi de ne pas reconduire sa coalition, l'UPA, avant le scrutin et de conclure de simples accords locaux. « À mon sens, ils ont fait une erreur fondamentale », affirme Balveer Arora, professeur de sciences politiques à l'université JNU, car depuis, la plupart des alliés du Congrès roulent pour leur propre compte.situation « confuse »L'adversaire juré du Congrès, le BJP, espère bien revenir au pouvoir, d'où il a été chassé il y a cinq ans. Ce parti de droite, hindouiste fondamentaliste, est cependant miné par des rivalités internes, et sa coalition, le NDA, ne va pas mieux que l'UPA.Face aux deux partis nationaux, enfin, une coalition hétéroclite rassemblée autour des partis de gauche ambitionne de constituer une alternative, tandis que de gros partis régionaux espèrent jouer un rôle pivot dans toute coalition.Bref, comme le résume un politologue français, la situation « n'a jamais été aussi confuse ». Le 16 mai est encore loin, mais tout le monde s'accorde sur un point : un résultat très émietté, qui déboucherait sur une coalition de bric et de broc, et donc instable, serait la pire des solutions pour le pays. n

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