Le Mexique, leader mondial des enlèvements

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Amérique latineUne semaine après son enlèvement, l'entrepreneur agricole, Césarute;sar Luján a été retrouvé mort le 1er juin à Camargo dans l'État de Chihuahua, au nord du Mexique. Même scénario morbide, trois jours plus tôt, à Ciudad Juarez (Nord), où un chef d'entreprise a été assassiné malgré le versement d'une rançon. Ce fléau inquiète les investisseurs étrangers, dans un pays devenu le leader mondial des kidnappings, devant l'Irak, la Tchétchénie et le Brésil.Chaque jour, 18 personnes sont séquestrées au Mexique, selon une étude publiée par la Chambre des députés. Cette dernière pointe la recrudescence de ce délit depuis deux ans aux quatre coins du pays. « La guerre lancée par le gouvernement contre le narcotrafic incite les cartels à diversifier leurs activités », explique le spécialiste du crime organisé, Edgardo Buscaglia. Guerre non sans résultat, comme en témoigne l'arrestation, cette semaine, d'un des hommes de main du chef du cartel de Sinaloa, Joaquin Guzman, le narcotrafiquant le plus recherché du pays. L'économie mexicaine souffre de ce climat de violence. Les investissements directs étrangers ont chuté de 55 % au premier trimestre 2009 (2,6 milliards de dollars) par rapport à la même période en 2008. Leur niveau le plus bas depuis onze ans ! « Pour l'instant, aucun projet n'a été reporté par peur des kidnappings. Mais ce risque s'ajoute à la forte récession que subit le pays », déplore Max Brassart, président de la chambre de commerce franco-mexicaine.un enjeu de tailleLe 30 août 2008, des centaines de milliers de Mexicains avaient manifesté contre le boom des enlèvements. Depuis, 99 % des délits restent impunis d'après l'ONG Mexico Unido contra la Delicuencia. « C'est un combat de longue haleine », justifie le président Felipe Calderon, alors que le Congrès américain s'apprête à lui accorder une aide supplémentaire de 500 millions de dollars pour sa lutte contre le crime organisé. L'enjeu est de taille. L'insécurité se place au c?ur de la campagne pour les élections législatives mexicaines du 5 juillet prochain.Frédéric Saliba, à Mexico

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