Fiat courtise PSA, qui traîne les pieds

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Fiat et PSA ont des contacts », explique à « La Tribune » une source officieuse, qui ajoute : « Fiat et son administrateur délégué, Sergio Marchionne, poussent à la roue. Mais PSA n'est pas très chaud. » En recherche, depuis les années 1970, d'une grande alliance avec un constructeur étranger, le groupe italien a déjà souvent fait des appels du pied au français. « Les familles actionnaires se connaissent et des coopérations existent depuis trente ans dans les utilitaires et les grands monospaces », souligne un expert.Mais, chez PSA, on « préférerait d'autres alternatives. Une alliance avec un spécialiste du haut de gamme ou un japonais aurait plus de sens », précise une source bien informée. BMW ou Mitsubishi auraient a priori la préférence du constructeur français, dont la famille Peugeot détient 30,27 % du capital et 44,87 % des droits de vote. De toute façon, le constructeur affirme être plus préoccupé dans l'immédiat par la gestion de la crise que par celle d'une grande alliance stratégique, forcément complexe.Dans son édition de vendredi, le quotidien des affaires « Il Sole 24 Ore » affirmait que Fiat étudiait, avec l'aide de la banque Mediobanca, un plan de fusion avec PSA. Le journal transalpin précisait que le siège de la nouvelle entité serait à Paris et que Sergio Marchionne en serait le nouveau patron. « Il Sole » ajoutait que, selon l'hypothèse la plus probable, le groupe italien détiendrait entre 41 % et 45 % de la nouvelle entité. Le consortium turinois a toutefois démenti, du moins partiellement, assurant laconiquement hier qu'il ne comptait pas soumettre d'opération de fusion avec un autre groupe du secteur à son conseil d'administration.Pour l'italien, la recherche d'une prétendue taille critique a toujours été une obsession. Il est vrai que, en dehors des petits véhicules, Fiat a du mal à dégager des économies d'échelle sur les véhicules compacts et, plus encore, les modèles de gamme moyenne supérieure ou de haut de gamme. PSA n'a pas la même préoccupation immédiate. D'abord, sa taille est nettement supérieure à celle de son concurrent et, ensuite, il a développé une politique de coopérations multiples et ciblées, qui portent leurs fruits depuis plusieurs années.réalités industriellesLa circonspection du groupe français devant un tel rapprochement s'explique par l'observation des réalités industrielles. PSA et Fiat se retrouvent en effet, globalement, sur les mêmes marchés (Europe et Amérique du Sud), avec une identique spécialisation dans les petits modèles et les moteurs Diesel ainsi que les utilitaires légers ? qu'ils fabriquent ensemble. Leur usines sont situées essentiellement en Europe de l'Ouest, même si Fiat est depuis longtemps installé en Pologne. Une « casse sociale » serait inévitable en cas d'alliance, risquant d'entraîner la fermeture d'un ou plusieurs sites d'assemblage ou de mécanique. Les surcapacités sont aussi importantes en France qu'en Italie. Curieusement, « Il Sole » avance que « les français supporteraient le coût de la fusion au niveau de l'emploi ».Par ailleurs, PSA et Fiat souffrent des mêmes maux. Ils sont absents tous deux des États-Unis et faiblement implantés dans les pays émergents d'Asie (Chine, Inde, Thaïlande). Leurs présence est quasi symbolique à l'échelle mondiale dans le haut de gamme ? sauf Ferrari et Maserati sur l'étroit créneau des véhicules de prestige. En outre, malgré le redressement des dernières années, Fiat demeure fragile, avec une image de marque médiocre. Enfin, Fiat passe pour un partenaire difficile, à la stratégie louvoyante, voire erratique sur le long terme. Le rapprochement avorté avec GM, qui a coûté cher à ce dernier, est encore dans les mémoires. nchez PSA, on « préférerait d'autres alternatives. Une alliance avec un spécialiste du haut de gamme ou un Japonais aurait plus de sens ».

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