Les européennes font le bonheur des petites listes

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Les sondages se suivent et confirment les risques de dispersion des suffrages le 7 juin. Au total, onze partis ou alliances sont en lice aux européennes. De gauche à droite : Lutte ouvrière, Nouveau Parti anticapitaliste, Front de gauche, Europe Écologie, Parti socialiste, Modem, l'UMP et son allié le Nouveau Centre, Debout la République, l'Union du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers et de Chasse, Pêche, Nature, Traditions au sein de la liste Libertas, et le Front national. Par ailleurs, huit petites listes devraient tenter leur chance, parfois dans une seule des huit grandes circonscriptions. Sur ces dix-neuf formations, trois seulement ? l'UMP, le Parti socialiste et le Modem ? sont assurés de passer la barre des 10 %. Mais la totalité des intentions de vote exprimées en leur faveur depuis plusieurs semaines stagne autour de 60 %, laissant les seize autres formations se partager un gâteau de 40 % des suffrages. Une part qui pourrait s'accroître car les dernières semaines de campagne sont traditionnellement favorables aux « petites » listes.Les européennes sont souvent présentées comme « l'élection présidentielle du pauvre », autrement dit un moment favorable à l'expression de formations souvent écrasées par la bipolarisation de la vie politique. Pour ce cru 2009, le responsable de la campagne du PS, Jean-Christophe Cambadélis, souligne lui-même l'existence de « dix-huit oppositions » face à l'UMP.Les listes situées à la droite de l'UMP ? Libertas, Debout la République et le Front national ? obtiennent au total 13,5 % des intentions de vote. Le FN de Jean-Marie Le Pen a dénoncé la captation de son électorat opéré depuis la présidentielle de 2007 par Nicolas Sarkozy. « Le président de la République a dit qu'il nous avait tués. Il nous a volés, mais il ne nous a pas tués », a déclaré Jean-Marie Le Pen en déposant ses listes au ministère de l'Intérieur lundi. « Nous sommes toujours sous-estimés dans les sondages », a-t-il ajouté, en précisant qu'il espérait avoir autant d'eurodéputés qu'en 2004, soit sept. En 2004, le Front national avait obtenu 9,8 % des voix.l'ump caracoleÀ gauche du PS, le total des intentions de vote en faveur des listes LO, NPA et Front de gauche dépasse les 15 %, selon le baromètre Ifop pour « Paris Match », publié cette semaine. En 2004, ce même camp politique avait réuni près de 9 % des voix.L'UMP arrive bonne première dans les sondages, avec environ 27 % d'intentions de vote, soit dix points de plus qu'en 2004 mais quatre points de moins que lors du premier tour de l'élection présidentielle de 2007. Le Parti socialiste, menacé d'un côté par la « gauche de la gauche » et de l'autre par le Modem de François Bayrou, est crédité d'environ 22 % des voix, loin des 29 % de 2004 et en recul par rapport aux 26 % obtenus par Ségolène Royal au premier tour de la présidentielle. Le Modem recueillerait en moyenne 13 % des voix, soit un peu plus que son score de 2004 mais loin de la performance de François Bayrou à la présidentielle de 2007 (18,6 %).Un facteur influera bien sûr sur le poids final des « petites listes » dans le scrutin du 7 juin. Tous les instituts de sondage pronostiquent une forte abstention aux européennes. Une désaffection de l'électorat dont semble bénéficier l'UMP, qui échapperait du même coup au vote sanction.

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