« Il y a plus d'un moteur à la croissance »

En Europe, la France et l'Allemagne sont sorties de la récession, et les États-Unis auraient déjà aussi fait de même. Quel est le moteur de cette reprise ?Le début de reprise, qui me paraît durable, même si certains éléments techniques ont pu doper les derniers chiffres, est dû non pas à un seul moteur mais à plusieurs. Il est clair que la demande des marchés émergents pour des biens fabriqués dans les pays industrialisés est l'un des soutiens de la reprise. À cela, il faut ajouter la politique monétaire des banques centrales, qui a rendu le crédit abordable en baissant les taux d'intérêt. Il y a enfin le rebond naturel du cycle économique : les gens veulent travailler, ont encore des revenus, et les entreprises désirent investir.On a parlé, à une époque, de « découplage » entre les pays émergents et les économies développées. La théorie peut-elle être réhabilitée maintenant que la Chine semble tirer en partie la reprise mondiale ?Ce genre de théorie est pour le moins réducteur. À divers degrés, tous les pays de la planète sont liés : si, comme c'est le cas, l'Europe de l'Est va mal, cela a forcément un impact sur la zone euro, et si les prix du pétrole montent ou baissent, cela a aussi une influence sur l'Europe et le reste du monde. Et, enfin, si la Chine et l'Inde vont mieux, elles importent des produits de la zone euro et des États-Unis. En fait, seule l'ampleur de la corrélation diffère, entre pays, ou entre régions du monde. Le plus important à noter en tout cas, c'est que le commerce international est crucial pour la reprise.Y a-t-il une autre forme de « découplage », avec le fait qu'officiellement, la France et l'Allemagne sont sorties de la récession avant les États-Unis ?Depuis déjà de nombreuses années, l'Europe évolue de façon distincte des États-Unis. Elle est liée au succès des économies du Moyen-Orient et de l'Orient. Elle trouve dans ces deux zones la stabilité qui lui permet d'exporter ses produits indépendamment de son commerce avec les États-Unis. Et c'est une bonne nouvelle ! Cela dit, comme beaucoup de mes confrères, je pense que l'économie américaine est, elle aussi, déjà sortie de la crise. D'ailleurs, pour le troisième trimestre, nous tablons sur un fort rebond de la croissance, de l'ordre de 3,5 %, et de 2 % pour le quatrième trimestre.Propos recueillis par Lysiane J. BauduJe pense que l'économie américaine est, elle aussi, déjà sortie de la crise.

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