L'industrie horlogère se prépare à une fin d'été difficile

horlogerieL'été pourrait bien être meurtrier pour l'industrie horlogère suisse. Au-delà des petites entreprises sous-traitantes, premières à souffrir, les grandes maisons n'hésitent plus à tailler dans leurs effectifs. Dernier en date, Zenith, du groupe LVMH, se sépare d'un tiers de ses salariés (70 personnes), tandis que Franck Muller supprime 300 postes sur 500 ! Au total, près de 3.000 emplois auraient déjà disparu depuis six mois dans les cantons de Suisse. Et ce ne serait qu'un début. Pour le moment, les entreprises profitent de la période estivale pour mettre tout le monde au chômage partiel. « Traditionnellement, les vacances horlogères duraient trois semaines. Cette année, elles seront prolongées d'un mois, voire plus », observe François Matile, secrétaire général de la Convention patronale horlogère suisse. Ce sera le cas notamment chez Cartier, A. Lange & Söhne ou Girard-Perregaux. « Les licenciements devraient intervenir après l'été dans le groupe Richemont », assure un spécialiste du secteur. Rolex, qui vient d'annuler une commande de 420.000 cadrans, correspondant à environ la moitié de sa consommation annuelle, serait aussi à risque.Retour aux sourcesRaison de cette hémorragie, les montres de luxe séduisent moins, notamment au Japon, en Russie ou aux États-Unis. Du coup, les exportations continuent de chuter, de 24 % en avril et de 26 % depuis le début de l'année. Mais cette baisse n'explique pas, à elle seule, l'ampleur des restructurations. Depuis des années, les groupes ont investi et embauché à tour de bras pour profiter d'un marché passé, en cinq ans, de 10 à 17 milliards de francs suisses. Les effectifs ont suivi, grimpant de 40.000 à 50.000 salariés. Mais beaucoup de marques se sont éloignées de leur c?ur de métier. « Je tente aujourd'hui de me recentrer sur l'ADN de ma marque qu'est le chronographe automatique », explique Jean-Frédéric Dufour, nouveau président de Zenith depuis le 2 juin.Aujourd'hui, aucun patron ne veut sacrifier du personnel très qualifié, difficile à réembaucher par la suite. « Nous coupons dans tous les départements en faisant très attention à ne pas toucher les métiers essentiels », assure Jean-Frédéric Dufour. Nicolas Hayek, président de Swatch, décide, lui, d'éviter les coupes franches, préférant les licenciements par petites touches cosmétiques. Mais ces marques font partie des plus résistantes. Car la crise, pour certains, reste très relative. « Si nous retombons au niveau de 2007, ce ne sera jamais que la deuxième meilleure performance de toute l'histoire de l'horlogerie », rassure Jean-Claude Biver, le patron de Hublot.

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