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«?Il faut faire disparaître ce modèle anglo-saxon du capitalisme financier?»?

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Publié le 27 décembre 2008 à 00:28 - Mis à jour le 27 décembre 2008 à 00:28

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Prévoyez-vous un durcissement du climat social du fait de la crise économique ?L'humeur dominante est encore l'inquiétude. Les gens ont encore l'espoir que la crise ne les affectera pas trop, mais nous vivons probablement le calme avant la tempête. D'ici Pâques, nous sentirons beaucoup plus les effets de la crise, avec son lot de restructurations et une augmentation substantielle du chômage. L'humeur deviendra probablement plus militante.Quels seront les facteurs de tension sociale ?Cela dépendra du comportement des entreprises et des gouvernements. Jusqu'à présent, ils se débrouillent relativement bien : Sarkozy, Brown, Merkel, sont, à leur façon, plutôt bons. Les gens se tournent vers leur gouvernement pour recevoir de l'aide et du soutien et, pour le moment, ils estiment en recevoir assez.Que vont faire les syndicats ?Nous devons d'abord agir en sorte que la récession soit aussi courte que possible en encourageant les gouvernements à mener des actions contracycliques. Ensuite, il faut faire en sorte que ce genre de crise n'arrive plus jamais. Il faut faire disparaître ce modèle anglo-saxon du capitalisme financier, de façon qu'il évolue vers une économie sociale de marché basée sur des perspectives de long terme et sur plus d'égalité.On en prend le chemin ?Pas sûr. Wall Street et la City vont certainement tenter de revenir à une situation de « business as usual ». Mais les syndicats européens sont déterminés à ce qu'il n'en soit rien. Nous voulons un changement complet et total ! Cela passe par la re-régulation des banques et des institutions financières, la fin des paradis fiscaux, la fin des structures hors bilan comme les hedge funds et le contrôle de la rémunération des exécutifs et des bonus. Voilà les points clés, sans oublier la fin du reporting trimestriel des entreprises et un encouragement à adopter une perspective de plus long terme. On est loin des propositions de la Commission européenne, pourtant chargée de la régulation financière?Entre le G20, l'Europe ou les gouvernements nationaux, il est difficile de savoir qui fait quoi. Or il est très important que les rôles soient bien répartis d'ici au prochain sommet du G20 à Londres, le 2 avril. Car certains ont intérêt à créer un débat entre les institutions, en espérant qu'il ne se passe rien.Qui prône l'immobilisme ?Les grands intérêts financiers dans les pays anglo-saxons, mais aussi en France. Certains hommes politiques. Je suis par exemple inquiet de voir le gouvernement anglais placer les intérêts de la City de Londres au premier rang de ses préoccupations.La crise ne risque pas de renforcer la concurrence entre gouvernements ?Nous sommes soumis à des forces contradictoires. D'un côté, les gens se tournent vers leurs gouvernements nationaux. La Troisième Voie de Tony Blair, l'État modeste ou la dérégulation : autant de thèmes qui ont explosé. La situation actuelle est comparable à celle de l'après-guerre, lorsque les citoyens demandaient à leur gouvernement de nationaliser et d'apporter des solutions. Aujourd'hui encore, ils recherchent des solutions nationales, car ils sont en fait plutôt nationalistes. Voyez l'Allemagne ! Cela dit, le repli national a évidemment été un désastre dans les années 1930. Mais, d'un autre côté, le monde a changé. La mondialisation a fait prendre conscience aux autorités nationales qu'elles ne peuvent rien entreprendre sans affecter leurs voisins. Il s'agit là d'un grand défi pour les dirigeants nationaux, mais aussi pour la Commission européenne ou le Fonds monétaire international.La politique européenne de la concurrence a été très critiquée notamment sur le sauvetage des banques. La défendez-vous ?On parle beaucoup du Pacte de stabilité, mais la pression la plus forte porte sur le marché intérieur car tout le monde réclame des mesures de sauvetage nationales. La préservation du marché intérieur va être une grande bataille, mais l'enjeu est essentiel. n Il faut que le système évolue vers une économie sociale de marché basée sur des perspectives de long terme et sur plus d'égalité..

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