Huiles de palme et soja entament un rebond

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Voilà deux semaines que les prix de l'huile de palme repartent à la hausse. Sur le marché de Kuala-Lumpur, la tonne d'huile de palme pour livraison en avril a rebondi de 32 % depuis mi-décembre. Et pourtant, la Malaisie n'est pour rien dans cette escalade?: la progression de l'huile de palme provient de l'effet domino qui caractérise le petit monde des oléagineux. faillites en sérieL'envolée de l'huile de palme à Kuala Lumpur est liée à la sécheresse qui a frappé l'Amérique latine ces derniers temps, mettant en danger les récoltes de soja. Argentine et Brésil sont en effet les deux principaux exporteurs d'huile de soja, le substitut naturel de l'huile de palme pour l'alimentation, mais aussi le biodiesel. Si l'envolée des cours de l'huile de palme vers les 4.000 ringgits était due aux biocarburants en 2008, elle semble aujourd'hui surtout liée à la demande alimentaire. Car le modèle économique des biocarburants reste au plus mal. Si les investissements se réduisent petit à petit dans le pétrole, éthanol et biodiesel ont, eux, fait leur deuil d'argent frais depuis belle lurette. L'incitation à la production de carburant à partir de maïs, de canne à sucre, de soja ou d'huile de palme a en effet été perturbée dès le printemps 2008?: l'envolée des cours des matières premières agricoles a réduit les marges, les prix de vente des agrocarburants ne progressant pas autant. Des faillites en série ont réduit à néant une partie des capacités de production?: aux États-Unis, Verasun, Gateway Ethanol ou Panda Ethanol se sont placés sous la protection de la loi sur les faillites américaines. Verasun a ainsi indiqué la semaine dernière que douze de ses seize sites de production d'éthanol étaient à l'arrêt. Une situation qui pourrait, à la longue, ranimer le segment des biocarburants. La légère hausse des prix du soja et de l'huile de palme constatée ces derniers temps pourrait en effet motiver les agriculteurs américains à arbitrer en faveur de semis de soja, plutôt que de maïs. Dans ce cas, la production effective d'éthanol pourrait être insuffisante au vu des besoins. Car si la demande d'essence aux États-Unis est en chute libre, l'objectif de la loi américaine sur l'énergie de 2007 est à la fois obligatoire, et calculé en valeur absolue. Selon le Renewable Fuel Standard Program, le pays doit mélanger 100.000 barils de biocarburants de plus par jour en 2009, après un niveau de 690.000 barils par jour en 2008. Or, la croissance de la production pourrait être inférieure à cela en raison de la contraction des investissements. « La moindre disponibilité de l'éthanol pourrait mettre les raffineurs qui mélangent l'essence sous pression », avancent les spécialistes énergie de BNP Paribas, qui anticipent un redémarrage des prix de l'éthanol cette année. Aline Robert

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