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harmacieLes laboratoires se tournent vers la recherche publiquePar AUDREY TONNELIERCela s'appelle un « R&D dating », ou un « rendez-vous recherche et développement ». Le 5 juin, les industriels de la pharmacie réunis au sein du LIR (Laboratoires internationaux de recherche) feront se rencontrer les directeurs de recherche de leurs maisons mères (Roche, GSK, AstraZeneca, Lilly?) et des scientifiques français de l'Inserm ou du CNRS, sur le thème des neurosciences. Une première qui, si elle est concluante, pourra être réitérée une fois par an. « Il s'agit de montrer ce que la France a de meilleur et de favoriser la création de partenariats entre public et priv頻, explique Sophie Kornowski-Bonnet, directrice France du suisse Roche. synergiesCar la recherche fondamentale publique ? avant les essais cliniques sur l'homme ? a beau être moins à la mode que les biotechs privées, elle attire les industriels, confrontés au manque d'efficacité de leur R&D interne. « La demande va croissant. Cela correspond à une vraie refonte de la stratégie des laboratoires, qui ont besoin de nouvelles molécules, mais aussi d'une panoplie de technologies de plus en plus complexes (tests génétiques, matériel médical?) », explique Cécile Tharaud, présidente d'Inserm Transfert, qui gère les relations avec les industriels au sein de l'organisme public (lire notre encadré). Ces partenariats offrent des avantages précis aux labos : « Dans des pathologies encore peu connues comme Alzheimer ou Parkinson, on peut travailler sur la recherche d'indices précurseurs de la maladie, cinq à quinze ans avant la mise au point d'un traitement, ce que ne feraient pas des biotechs » indique Jean-Claude Muller, en charge de la prospective et des projets stratégiques chez Sanofi-Aventis. « Les chercheurs du public apportent leurs connaissances fondamentales, nous mettons à leur disposition des outils pour aller plus vite », résume-t-il.Mais des mots aux actes, il y a un pas, que les industriels peinent encore à franchir. Exception à la règle, Roche a initié une quinzaine de projets en cancérologie. Chez Pfizer, « une douzaine de partenaires potentiels » ont été identifiés, indique Yannick Pletan, vice-président scientifique. Mais de contrat signé, point. Idem chez Sanofi-Aventis, qui préfère pour l'heure la Chine (Shanghai) et les États-Unis (San Diego). Pourquoi ce retard ? En France, culture académique et logique privée ne font pas toujours bon ménage? et se rejettent la responsabilité de cet état de fait. « La recherche publique s'est longtemps résumée à une découverte suivie d'une publication », juge Jean-Claude Muller chez Sanofi-Aventis. « Depuis vingt ans, à la différences des Anglo-Saxons, les industriels français ont fait preuve de frilosit頻, rétorque Gérard Chaouat, directeur de recherche à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine). bugdets de rechercheAujourd'hui, face aux pertes de brevets, les industriels n'ont plus le choix. « Nous devons gagner en efficacité et en rapidité dans la signature de ce type de contrats », reconnaît Hervé Gisserot, président de GSK France. Pour le moment, les budgets restent dérisoires au regard des milliards dépensés au total en R&D. Mais la tendance est à la hausse. En France, Roche compte investir 16 millions d'euros d'ici à 2010. « Les budgets de recherche collaborative que nous consacrent les laboratoires sont en augmentation, avec des montants qui peuvent atteindre plusieurs millions d'euros », confirme Cécile Tharaud chez Inserm Transfert. nFace à une R&D interne moins efficace, les industriels lorgnent vers les instituts publics. Mais le secteur est en retard en France.

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