L'Afrique rattrapée par la chute des cours des matières premières

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Il n'y a pas que le mouvement rebelle du général Nkunda qui inquiète la Monuc, la force d'interposition des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC). Alors que plus de 6.000 Casques bleus sont déployés dans la province du Nord-Kivu, la Monuc redoute l'ouverture d'un nouveau front, social cette fois, dans le Katanga. La chute des cours du cuivre et du cobalt, dont cette région située au nord-est de la RDC regorge, a provoqué une vague de licenciements. Près de 200.000 personnes se sont retrouvées au chômage depuis cet été et « elles seront 300.000 à 350.000 d'ici à la fin de l'année », s'inquiète le ministre local des Mines, Barthélemy Mumba Gama. « Les mines sont le moteur du développement, et toutes les autres activités gravitent autour », a-t-il indiqué à l'AFP, évoquant « une faillite en chaîne » au Katanga, où les commerces, les restaurants et même l'aéroport de Lubumbashi sont quasiment vides. L'histoire se répète dans la province diamantifère du Kasaï-Oriental (centre), où « la production est tombée très bas », selon le président de l'assemblée provinciale, François Kabala. À Mbuji Mayi, le chef-lieu de la province, la mendicité a augmenté, les habitants commencent à vendre leurs biens dans les rues. 9.000 avis de licenciement« L'Afrique, qui surfe depuis le début de la décennie sur la flambée des cours de matières premières, prend de plein fouet le retournement des cours », explique Philippe Hugon, professeur d'économie à l'université de Paris-X Nanterre. La Banque centrale congolaise évalue à 2,7 % la contraction de l'activité au troisième trimestre. L'effondrement des cours complique l'équation budgétaire. « Dans deux mois, l'État n'aura plus les moyens de payer les fonctionnaires », prédit une source diplomatique. En Afrique du Sud, les compagnies minières réduisent leur production. South Africa Platinum va suspendre ses opérations pendant six mois dans sa mine d'Everest entraînant la suppression de 2.000 postes. Les mines sud-africaines ont adressé 9.000 avis de licenciement, selon le syndicat Solidarity. En Namibie, les syndicats appellent l'état à nationaliser les mines après l'annonce par la société Weatherly de la fermeture de deux gisements de cuivre. La forte baisse des prix du diamant a déjà entraîné la destruction d'un millier d'emplois au Botswana, premier producteur mondial de gemmes, après la fermeture par Debswana de deux de ses mines. En Guinée Conakry, l'anglo-australien Rio Tinto a décidé de différer le développement de l'un des principaux gisements de fer au monde. L'équation se complique aussi pour les pays producteurs de pétrole. Le directeur adjoint du département Afrique du FMI a appelé le Congo-Brazzaville à effectuer des dépenses « prudentes ». Au Cameroun, la filière bois tourne au ralenti en raison des annulations de commandes en provenance d'Europe, des Etats-Unis. Les carnets sont pratiquement vides pour 2009, les acteurs européens, américains, chinois ayant multiplié les annulations de commandes en raison de la crise.

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