Sarkozy préfère Sassou à la SNCF

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Nicolas Sarkozy est apparement plus sensible aux intérêts du Congo-Brazzaville qu'à ceux de la SNCF. Lors de sa tournée express en Afrique fin mars, le président français a fait escale à Brazzaville où il a dîné avec le président Denis Sassou Nguesso. Dans un entretien avec la presse locale, il a rappelé que la France avait procédé à des annulations « massives » de dettes congolaises ces dernières années. En décembre 2008, Paris a ainsi tiré un trait sur « près de 400 millions d'euros » de dette. Pour le président, « l'aide de la France au Congo ne relève pas de la charité, il s'agit pour moi d'un investissement dans notre avenir commun ».« Charité bien ordonnée commence par soi-même », pourrait rétorquer SNCF International. Filiale à 100 % de la SNCF, la société essaie depuis une dizaine d'années de se faire rembourser une créance qui atteint, avec les intérêts de retard, 12 millions d'euros. Denis Sassou Nguesso est revenu au pouvoir en 1997 à l'issue d'un coup d'État qui a débouché sur une guerre civile meutrière et destructrice. De 1999 à 2003, SNCF International a participé à la reconstruction des ponts du Chemin de Fer Congo Océan (CFCO) reliant la capitale Brazzaville à la ville côtière de Pointe-Noire.Malgré de nombreuses interventions à tous les niveaux de ce petit État d'Afrique centrale riche en pétrole, l'entreprise n'a jamais réussi à se faire payer. Le Premier ministre congolais, Isidore Mvouba, était pourtant ministre des Transports au moment de la signature du contrat. SNCF International attendait donc beaucoup de la visite de Nicolas Sarkozy au Congo-Brazzaville.Dans une note datée du 20 janvier 2009 adressée à l'Élysée, SNCF International écrit ainsi qu'elle « souhaite et insiste pour que, dans le cadre de la préparation du prochain déplacement de M. le président de la République au Congo, la partie française intervienne auprès de ses homologues congolais pour obtenir le paiement de ces impayés. C'est de notre point de vue la dernière action à engager avant que nos organismes de contrôle interne ne mettent en place une action juridique avec les retombées médiatiques y afférentes ».espoirs envolésLes espoirs de SNCF International se sont envolés en même temps que Nicolas Sarkozy quittait le Congo-Brazzaville. Une bien curieuse façon de défendre les intérêts français en Afrique. D'un côté Nicolas Sarkozy aide Areva à signer un accord-cadre avec le Congo-Kinshasa assurant au numéro un mondial du nucléaire civile un permis de recherche d'uranium sur l'ensemble du territoire. De l'autre, il laisse une des toutes premières entreprises publiques françaises se débrouiller seule pour recouvrer ses impayés auprès d'un État « ami ». X. H.

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