Le bilan mitigé des investissements

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C'était à l'automne 2007. La Chine lançait son fonds souverain, le China Investment Corporation (CIC), suscitant un vent de panique en Occident. Très vite, le fonds, dirigé par Lou Jiwei, ancien vice-ministre des Finances, dépense près de 10,5 milliards de dollars dans des prises de participation dans Blackstone, Morgan Stanley, ou encore TPG. Mauvaises pioches?: la Chine achète alors au plus haut, et la crise arrivant, ses placements vont s'effondrer de plus de moitié. Prenant acte de cette mésaventure boursière, Lou Jiwei a annoncé, début décembre, un changement de stratégie. « Les Chinois se sont brûlé les doigts?: ils vont désormais se montrer beaucoup plus prudents », explique Françoise Lemoine. Exit les fonds financiers?: le CIC privilégie désormais les prises de participation dans des entreprises. C'est ainsi que le fonds souverain chinois est actuellement en piste pour investir dans le groupe minier australien Fortescue, convoité aussi par un autre chinois, le groupe Hunan Valin Iron & Steel. Pourtant, les investissements directs ne sont pas non plus une garantie de succès. Le fabricant d'ordinateurs Lenovo, repreneur de l'activité PC d'IBM en 2004, s'est heurté à des problèmes de stratégie et de culture d'entreprise, et perd des parts de marché. En Corée du Sud, le rachat en 2004 de SsangYong par le constructeur chinois Saic a tourné au fiasco, avec la mise en faillite du Coréen. pression des prêteursEn France, le groupe chinois Bluestar, spécialiste de la chimie, qui avait mis la main en février 2007 sur les activités silicones de Rhodia, n'a pu éviter une fermeture des deux sites de production pendant deux semaines, fin 2008. Plus grave, en Afrique, les investisseurs chinois ont quitté par dizaines, au début de l'année, la région du Katanga (Congo) lorsque les prix du cobalt ont chuté. Et le financement de 9 milliards de dollars, proposé l'an dernier à Kinshasa en échange de la construction de routes, ponts et hopitaux, est aujourd'hui menacé, les prêteurs traditionnels occidentaux (FMI et Banque mondiale) faisant pression sur le Congo pour revoir les conditions de l'accord. La conquête chinoise de la planète ressemble à une longue marche, semée d'embûches. E. C.Le rachat du coréen Ssangyong a tourné au fiasco.

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