BNP Paribas mise sur les infrastructures

La croissance démographique, le vieillissement de la population, le développement des technologies nécessitent des investissements de plus en plus nombreux et importants dans les infrastructures. Selon l'OCDE, les dépenses annuelles moyennes en infrastructures représentent environ 1.600 milliards de dollars. Elles seront de 1.800 milliards de dollars d'ici à 2030. Face aux déficits et aux contraintes budgétaires, les États ne pourront pas les financer seuls. Les fonds spécialisés constituent de fait une source de financement et une classe d'actifs à part entière. Aussi la banque BNP Paribas compte-t-elle bien saisir les opportunités de ce marché. Sa proximité avec les grands industriels spécialistes des infra-structures l'y incite. Une situation qui profitera aussi à Antin Infrastructure Partners SAS (AIP), son entité dédiée aux infrastructures et intégrée dans BNP Paribas Investments Partners, le pôle de gestion d'actifs du groupe.1 milliard d'eurosCette société de gestion de droit français, composée de 12 professionnels de la finance et de l'industrie, est détenue à 40 % par la banque et à 60 % par les trois « managing partners ». AIP a créé Antin Infrastructure Partners FCPR, un fonds « sponsoris頻 pour 300 millions d'euros par BNP Paribas, et lèvera 700 millions d'euros supplémentaires auprès d'investisseurs institutionnels et très fortunés, le ticket d'entrée étant de 20 millions d'euros.« Antin Infrastructure Partners disposera de 1 milliard d'euros pour réaliser entre 12 et 15 opérations sur les cinq prochaines années, précise Alain Rauscher, son président fondateur. Elles porteront principalement sur les secteurs de l'énergie, des télécoms et des transports. » Avec une triple particularité?: se focaliser sur des projets matures ou en phase de développement?; afficher un retour sur investissement de 15 % à moyen terme?; possibilité de créer un « deal-flow » quasi-propriétaire grâce à la présence et les relations privilégiées de BNP Paribas dans les 27 pays de l'Union européenne (UE). Les investissements seront concentrés sur l'UE, de préférence en Europe continentale.Depuis juillet, deux opérations ont été finalisées. La première au Royaume-Uni avec l'acquisition de Porterbrook (matériel ferroviaire). À cette occasion, un LBO de 2 milliards de livres a été réalisé, soit le troisième plus gros de l'année. La seconde porte sur une prise de participation dans Bina Istra, une société d'exploitation d'autoroutes croate. D'ici un an, AIP compte monter à 50 %, à la faveur d'un retrait de Bouygues. Si Alain Rauscher reconnaît que l'accès au crédit est difficile, il annonce travailler sur 30 dossiers de qualité dont 50 % sur des transactions quasi propriétaires.Thierry Serrouya
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