Six chantiers et une bataille électorale

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De l'audace. Continuant de revisiter l'Histoire de France, notamment du côté gauche, Nicolas Sarkozy a utilisé hier le mot de Danton pour appeler ses ministres à être des « réformateurs ». Lors du premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement Fillon, le chef de l'État a rappelé les axes définis lundi lors de son discours au Congrès de Versailles : préparer « la sortie de crise », avec « pour fil conducteur la réforme ». Invité hier soir du « Vingt heures » de France 2, François Fillon a vanté la « stabilit頻 de son équipe, notamment concernant le pôle économie de Bercy. Il a affirmé sa volonté de réduire les déficits liés à la crise et exclu à nouveau toute hausse des impôts.Le gouvernement sera réuni en séminaire dimanche pour fixer ses « priorités stratégiques ». Six chantiers principaux sont au menu des prochains mois. Concernant le grand emprunt national, François Fillon a déclaré qu'il ferait appel « pour une part » aux Français et a laissé entendre que, pour le reste, le gouvernement s'adresserait aux marchés financiers. Il a aussi évoqué les retraites et l'environnement. Le gouvernement devra aussi mettre un terme au feuilleton Hadopi.Mais le gouvernement fortement remanié et recomposé autour du noyau dur des fidèles de Nicolas Sarkozy aura pour première mission de préparer la reconquête, en mars 2010, du plus grand nombre des vingt régions ? sur vingt-deux ? administrées par la gauche depuis le raz de marée rose du scrutin de 2004.« Les élections régionales, c'est demain ! » avait lancé le chef de l'État au lendemain des européennes, marquées par la victoire relative de l'UMP, le parti présidentiel, et la dispersion de l'opposition. Nicolas Sarkozy et Claude Guéant disposent d'une note détaillée sur les régions « gagnables » et sur celles où « c'est jouable ». Alain Marleix, secrétaire d'État à l'Intérieur et grand spécialiste de la carte électorale à l'UMP, estime que la majorité est en mesure de gagner « entre quatre et dix régions », parmi lesquelles Champagne-Ardenne, Lorraine, Basse-Normandie et Pays de la Loire, traditionnellement acquises à la droite et qui avaient basculé en 2004.« charcutage » électoralPour cette bataille majeure, la dernière avant la ligne droite de la présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy a organisé son état-major. Michèle Alliot-Marie, chiraquienne d'origine, est remplacée à l'Intérieur par Brice Hortefeux, « ami de trente ans » de Nicolas Sarkozy, qui sera chargé de piloter la réforme des collectivités territoriales. Une réforme qui prévoit notamment la réduction du nombre de conseillers régionaux et généraux et qui suscite déjà la colère de la gauche contre un « charcutage » électoral.Le socialiste Pierre Moscovici a dénoncé hier « la reconstitution d'un couple exécutif ». « Comme il y a eu Giscard-Poniatowksi dans les années 1970, il y a Sarkozy-Hortefeux », a lancé le député du Doubs sur BFM. Pour lui, « on est passé d'un gouvernement qui tentait de séduire à un gouvernement UMP, un gouvernement dur, un gouvernement de combat pour une période qui sera difficile, avec manifestement des intentions électorales ». n

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