Nationalisation des banques en vue
La Tribune
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chronique des tauxLes banques sont tenues d'avoir 8?% de fonds propres rapportés à leurs actifs. En réalité, l'obligation est moindre car les règlements prévoient des réfactions pour la plupart des actifs. En général, les banques ont 3?% ou 4?% de fonds propres. C'est tout à fait insuffisant. Sans parler des actifs douteux, même les actifs sains devraient être protégés par davantage de capital. Un portefeuille boursier est un actif qui peut perdre 8?% en quelques jours. Un portefeuille de crédits hypothécaires de bonne qualité, octroyés il y a quelques années, ne pourrait se négocier aujourd'hui sans au moins 20 % de décote. Idem pour un portefeuille de crédit à des entreprises solides. Comment soutenir tout cela avec quelques pour cent de capital ? Avec la crise, les banques ont certainement perdu tout leur capital, quelles que soient les astuces comptables qui permettront de ne pas le laisser paraître. Sans capital, comment les banques arrivent-elles à attirer encore les dépôts ? Uniquement parce que le déposant sait que l'État viendra au secours en cas de besoin. Nous pensons que l'État n'acceptera pas longtemps de porter le risque d'une activité bancaire sans en avoir le bénéfice éventuel, ce qui rend la nationalisation inévitable. Elle sera acceptée par l'opinion qui a déjà intégré la prise en charge par l'État dans son appréciation des banques. Sauf les actionnaires, tout le monde y aura intérêt. Une fois nationalisées, les banques seront peut-être recapitalisées puis revendues en Bourse, mais avec un niveau de fonds propres bien supérieur à celui qu'elles avaient. Pourquoi considère-t-on qu'une société foncière ou un holding industriel doit avoir 50 % de fonds propres et non pas une banque privée ? En théorie, c'est parce qu'une banque a des risques très divisés, mais l'expérience prouve que dans une grande crise cette division des risques est une fiction. Le problème est que recapitaliser les banques à un niveau acceptable serait très coûteux pour le budget. L'autre choix possible sera de conserver les banques dans le secteur public, sans trop les recapitaliser, et d'espérer que les futurs profits permettront de passer peu à peu les provisions nécessaires. nl'État n'acceptera pas longtemps de porter le risque d'une activité bancaire sans en avoir le bénéfice éventuel, ce qui rend la nationalisation. inévitable.Par Maurice de Boisséson,(Octo Finances).
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