Nicolas Sarkozy face à la fronde politique et sociale

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ept Français sur dix sont favorables à la journée d'action interprofessionnelle.La « coagulation » est le cauchemar absolu de tous les dirigeants, ce moment où toutes les protestations convergent jusqu'à faire vaciller l'édifice gouvernemental. Aujourd'hui, le Parti socialiste portera le fer contre Nicolas Sarkozy et François Fillon par le biais d'une motion de censure déposée à l'Assemblée nationale contre la politique économique suivie depuis mai 2007 et pour la défense des libertés publiques. L'occasion pour le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, de reparler des contre-propositions de son parti en matière de relance. À Matignon, on affiche sérénité et combativité. Pour Roger Karoutchi, secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, le PS tire là son « ultime cartouche ». François Fillon, qui répondra au PS dans l'hémicycle, en profite même pour accuser les socialistes de jouer « contre l'unité nationale » indispensable aux yeux du Premier ministre dans cette période de crise aiguë. La motion de censure n'a aucune chance d'être adoptée puisque l'UMP dispose de la majorité au Palais-Bourbon, mais, pour le PS, elle permettra de montrer qu'une « autre politique est possible ».Jeudi, les organisations syndicales, qui sont parvenues à l'unité, prendront le relais dans la rue pour réclamer « une relance sociale ». Un sondage publié ce week-end indiquait que sept Français sur dix sont favorables à la journée d'action interprofessionnelle. Le gouvernement dit d'ailleurs s'attendre à une très forte mobilisation, que ce soit dans le secteur public ou dans le secteur privé. Dans sa revue « Actualités » de janvier, l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) relève que « les protestations sociales demeurent actuellement diffuses et disparates ». Avant d'ajouter qu'un vaste mouvement social « pourrait cependant s'enclencher à la moindre erreur dans la gestion sociale de la crise ». À l'Élysée, Nicolas Sarkozy a différé une tournée africaine prévue cette semaine. Le chef de l'État répète souvent que « les crises n'arrivent jamais où on les attend ». Nous ne sommes « pas inquiets mais attentifs », a renchéri le secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant. En dépit des propos tenus par des « ultras » - Frédéric Lefebvre a ainsi jugé hier qu'il fallait songer à sanctionner « l'abus de droit de grève » -, Nicolas Sarkozy joue la conciliation. Samedi, il a appelé l'UMP à défendre les « travailleurs ». « J'assume la cohérence absolue d'une semaine où le gouvernement demande aux dirigeants des banques de renoncer à leur bonus et stigmatise le comportement irresponsable de Sud qui a pris en otages les gens à Saint-Lazare. C'est la même égalité, la même justice, les mêmes valeurs », a-t-il dit, dans l'attente de la réponse qui lui sera apportée jeudi.

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