Jean-Claude Blanc, la cure de jouvence de la JuventusTrois a...

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Jean-Claude Blanc, la cure de jouvence de la JuventusTrois ans après avoir pris les rênes du club de football de la Juventus de Turin, Jean-Claude Blanc se garde de tout triomphalisme. Pourtant ce manager français a sauvé la mise à « la Vecchia Signora », la vieille Dame du sport italien comme on surnomme ici l'équipe turinoise. À l'époque, en juin 2006, personne ne donnait cher de l'avenir du club coté en Bourse. Un mois plus tôt avait été révélé le trucage de matchs mis en place depuis des années par le directeur général du club, Luciano Moggi. La Juventus était au centre de l'immense scandale du foot italien. Quand John Elkann, l'héritier de la famille Agnelli propriétaire du club, fait appel à Jean-Claude Blanc pour le sortir de l'ornière, ce Savoyard encore à la tête de la Fédération française de tennis sait à quoi s'en tenir. « Quand j'ai accepté la mission, le procès de la justice sportive contre la Juve avait déjà commencé et le réquisitoire était de reléguer le club directement en Série C [équivalent de la division « Nationale » française,Ndlr], cette épée de Damoclès était bien présente », rappelle-t-il.Pour le club de football le plus titré d'Italie, cela aurait dû signifier l'arrêt de mort. « Pour moi, la Juve est un des cinq plus grands clubs de football au monde. Et donc l'opportunité d'être là à un moment aussi difficile, c'était un défi mais aussi la perspective de réussir quelque chose de beau si nous arrivions à sortir de cette situation », explique-t-il rétrospectivement. Pourtant, l'été 2006 ressemble à un cauchemar éveillé pour ce quadragénaire fraîchement arrivé de l'Hexagone. « Mon pire souvenir est la soirée du 14 juillet 2006 quand, ne parlant pas très bien italien, j'ai dû faire la première déclaration officielle de réaction du club à notre relégation en deuxième division, confie-t-il. Je me demandais si nous allions parvenir à sauver le club. » La tâche était immense car il lui fallait « à la fois gérer cette relégation en deuxième division, le cas des joueurs qui souhaitaient partir mais aussi renégocier tous les contrats télévisés, de partenariat ». Face à la complexité de la situation, il ne peut se raccrocher qu'à son expérience dans une crise vaguement similaire : l'affaire Festina lors du Tour de France 1998. « Cela m'a aidé à prendre les décisions tous les jours pour essayer de s'en sortir par le haut », explique Jean-Claude Blanc, alors directeur général d'Amaury Sport Organisation. Au moins personne en Italie ne s'offusque qu'un Français soit appelé à la rescousse pour diriger une institution italienne, s'il en est, comme la Juventus : « Les problèmes étaient si nombreux il y trois ans que cela n'a pas interpellé plus que cela. » D'ailleurs, « on ne m'a jamais fait sentir que je ne suis pas italien, il y a beaucoup de respect en Italie pour les managers français », précise-t-il. Mais « cela vous met encore plus de pression », reconnaît-il.Sur place, il a trouvé des Italiens travaillant dur, « en décalage avec leur image », pouvant « allier cette force de travail et leur inventivité au service d'un projet bien défini ». Sauf qu'en général, et a fortiori dans le football, « il manque en Italie la capacité de programmer, de voir à cinq ou dix ans, alors que ce trait culturel est présent dans les entreprises en France ». Ce n'est pas la moindre contribution de Jean-Claude Blanc à la Juventus de Turin : se doter d'un projet ambitieux qui voit loin pour un club de nouveau en Ligue des Champions.Frank Paul Weber, envoyé spécial à Turin

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