Aubry à la tête du PS, Royal entre en résistance

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Rien n'est réglé. On est dans une voiture d'auto-école. Martine Aubry croit qu'elle a les commandes mais Ségolène Royal a le pied sur le frein ». Ce responsable socialiste ne dissimule pas son inquiétude. La maire de Lille a été proclamée première secrétaire du PS, mais l'ex-candidate à la présidentielle ne désarme pas. Deux partis socialistes pour le prix d'un ? Ségolène Royal est repartie en campagne dès hier sur Internet. Objectif, la présidentielle de 2012. « J'ai besoin de vos idées parce que nous continuons. 2012, c'est bientôt, 2012, c'est demain, 2012, c'est dans trois ans et donc c'est dès maintenant que nous nous y mettons. A très bientôt », lance-t-elle à ses partisans. L'équipe de Martine Aubry pourrait avoir remporté une victoire à la Pyrrhus. Depuis dix-huit mois, tout avait été fait, lenteur du calendrier, regroupement des courants, pour que Ségolène Royal, jugée trop « exogène » par l'appareil du parti, sorte essorée du congrès de Reims. Mais l'ex-candidate à la présidentielle émerge en opposante interne puisqu'elle frôle la barre des 50 % au sein du PS. Ségolène Royal a déjà donné une indication de ce que sera son attitude. « Chaque fois que la direction du Parti socialiste prendra des décisions qui iront dans le sens de ce que nous avons défendu devant les militants, nous la soutiendrons. Chaque fois qu'elle n'ira pas dans ce sens, nous essaierons de la convaincre », a-t-elle dit. L'ex-candidate à l'Elysée confirme son intention d'ouvrir le parti vers l'extérieur. Elle veut organiser des universités populaires ou des fêtes de la « fraternit頻, comme celle du 27 septembre au Zénith, qui avait déchaîné ses adversaires. Il y aura aussi des campagnes d'adhésions dans la trentaine de fédérations où son courant est majoritaire. une rassembleuseMartine Aubry s'est de son côté installée sans attendre dans le bureau du premier étage de la rue de Solférino, occupé depuis onze ans par François Hollande. Peaufinant son image de rassembleuse, la nouvelle patronne du PS a offert à son prédécesseur, qu'elle a pourtant durement critiqué, une lithographie de l'Islandais Erro sur l'histoire du socialisme. Elle a ensuite reçu Ségolène Royal, comme elle s'y était engagée dès la confirmation de sa victoire. L'ex-candidate à la présidentielle a parlé d'une « très bonne ambiance », avant d'indiquer qu'une nouvelle rencontre aurait lieu samedi. Ségolène Royal a demandé à Martine Aubry de prendre en compte l'« identit頻 de son courant. « J'attends maintenant ses propositions pour savoir sur quelle base, sur quel contrat politique nous allons pouvoir travailler ensemble au service des Français », a précisé la présidente de Poitou-Charentes.L'un des lieutenants de la maire de Lille, Claude Bartolone, a réfuté toute « espèce de cohabitation entre deux lignes politiques » au PS. Pour ce proche de Laurent Fabius, Martine Aubry doit proposer « un contrat politique » d'ici le prochain conseil national, fixé au 6 décembre. « Vient qui veut l'appliquer », a précisé Claude Bartolone. Pour s'emparer du parti, Martine Aubry s'est d'abord appuyée sur Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, avant de rallier Arnaud Montebourg et d'agréger les partisans de Benoît Hamon et une partie du courant incarné par Bertrand Delanoë et François Hollande. La maire de Lille a promis de constituer une équipe « profondément renouvelée », paritaire, qui pourrait donc comprendre des «royalistes». Premières tâches de la nouvelle direction : reprendre la bataille contre Nicolas Sarkozy et préparer le premier rendez-vous électoral, les européennes de juin. En 2004, le PS avait tutoyé la barre des 30% des voix, avec 31 élus sur 78 députés français. Il sera difficile de rééditer cet exploit, avec les écologistes et l'extrême gauche en embuscade. Sans compter François Bayrou.

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