General Motors tente in extremis d'éviter la banqueroute

General Motors veut absolument éviter le spectre de la faillite, qui risquerait de décourager les derniers acheteurs potentiels de véhicules qu'il lui reste. Pour cela, le groupe de Detroit revoit sa précédente copie, refusée il y a un mois par Washington. GM a ainsi annoncé hier un énième plan de restructuration. Il prévoit de supprimer 7.000 à 8.000 emplois supplémentaires, ce qui, avec les plans précédents, devrait ramener ses effectifs industriels aux États-Unis de 62.000 personnes fin 2008 à 40.000 en 2010. Le consortium de Detroit va aussi fermer davantage d'usines, ramenées de 47 à 34 d'ici à la fin 2010 et 31 en 2012. GM compte ainsi diminuer ses coûts fixes d'un tiers d'ici à l'an prochain.le label pontiac sacrifiéLe groupe, qui entend a priori conserver ses marques Chevrolet, Cadillac, Buick et GMC, sacrifiera aussi avant la fin de l'an prochain le label Pontiac, qui se prétendait plus jeune et vaguement plus sportif que Chevrolet, sans rencontrer pour autant de succès. Le groupe a, par ailleurs, répété qu'il prendrait une décision, d'ici décembre, sur sa filiale suédoise Saab dont il veut se débarrasser, Saturn, qui a constitué dans les années 1980 et 1990 une tentative ratée de concurrencer les produits asiatiques, et Hummer, spécialiste d'énormes 4×4 longtemps populaires parmi les stars d'Hollywood avant de devenir synonymes de gaspillage d'énergie.En ce qui concerne sa filiale allemande Opel, GM s'est récemment dit disposé à en perdre le contrôle majoritaire. Le gouvernement allemand cherche des investisseurs. Le nom de Fiat est évoqué, mais aussi celui de l'équipementier canadien Magna, qui serait en pourparlers pour prendre une participation de 20 %, selon le quotidien canadien « The Globe and Mail ». Magna s'allierait même avec l'oligarque russe Oleg Deripaska qui, avec le soutien de banques, prendrait 30 %, d'après le journal.GM promet, en outre, de faire un ménage attendu depuis des années dans son pléthorique et peu efficace réseau de distribution américain. Le nombre de concessionnaires devrait être réduit de plus de 40 %, pour passer à 3.605 d'ici à la fin 2010. GM veut persuader la nouvelle administration Obama qu'il peut devenir rentable avec un marché américain durablement amenuisé à 10 millions de ventes par an.Le constructeur a aussi annoncé hier le lancement d'une conversion de 27 milliards de dollars (21 milliards d'euros) de dette obligataire, une étape cruciale de son plan d'assainissement qui, en cas de succès, pourrait lui éviter le dépôt de bilan redouté. GM propose 225 de ses propres actions par tranche de 1.000 dollars de dette. Les créanciers obligataires se voient reconnaître 40 % environ de la valeur de leurs créances. À prendre ou à laisser. À l'issue de la restructuration, le Trésor américain et le syndicat UAW devraient détenir ensemble 89 % du capital de GM, les porteurs de titres obligataires 10 % et les actionnaires actuels 1 %, a précisé GM.La restructuration de la dette « représente une étape importante dans les efforts de restructuration de la sociét頻, a reconnu aussitôt le groupe présidentiel chargé du secteur automobile à Washington. Mais GM n'est pas sauvé pour autant. n

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