Concentration dans les semi-conducteurs au Japon

« À la lumière de la féroce concurrence du marché du semi-conducteur », NEC Electronics, numéro dix mondial du secteur, et Renesas, numéro sept, ont finalement officialisé hier leur intention de fusionner. Les modalités précises de l'opération, à commencer par les parités retenues pour la fusion, devront être négociées d'ici à fin juillet pour un rapprochement effectif d'ici avril 2010, ont souligné les deux groupes dans leur communiqué.Cette fusion donnera naissance au troisième acteur mondial du semi-conducteur, derrière l'américain Intel et le sud-coréen Samsung, et devant un autre japonais, Toshiba. Le chiffre d'affaires combiné des deux groupes s'élève à 12,9 milliards de dollars ? 7,1 milliards pour Renesas, 5,8 milliards pour NEC Electronics. « Ce rapprochement illustre la tendance des industriels japonais à partager la fabrication de composants électroniques pour contrôler la qualité de la fabrication tout en obtenant des effets d'échelle comparable à ceux de leurs concurrents », estime Jean-Laurent Poitou, responsable mondial de l'activité électronique et high-tech chez Accenture. La fusion leur permettra de creuser l'écart sur le marché des microcontrôleurs ? des mini-ordinateurs utilisé dans les systèmes embarqués, en particulier dans l'industrie automobile ? avec une part de marché proche de 30 %. Les deux groupes, qui emploient conjointement 47.500 salariés, n'ont guère donné de détails à ce stade, que ce soit sur la rationalisation de l'outil de production ou d'éventuelles suppressions d'emplois.crise aigüeCe mariage intervient dans un contexte de crise aiguë pour le secteur du semi-conducteur. Selon Gartner, le marché devrait se contracter de 24 % en 2009, après un recul de plus de 5 % en 2008. NEC Electronics, détenue à 65 % par NEC, et Renesas, fruit du rapprochement d'activités d'Hitachi et de Mitsubishi, sont déjà engagées dans d'importantes démarches de réductions de coûts. NEC Electronics, qui anticipe sa quatrième perte nette annuelle consécutive en 2008-2009 à hauteur de 65 milliards de yens (500 millions d'euros), compte économiser 80 milliards de yens (630 millions d'euros) sur les deux prochaines années, en fermant des lignes de production et en rognant sur ses investissements en recherche et développement. Renesas compte pour sa part tailler dans ses coûts de 120 milliards de yens (950 millions d'euros) en deux ans avec des mesures similaires.Pour les analystes, cette fusion pourrait être suivie d'autres rapprochements dans le secteur du semi-conducteur japonais. L'actuel numéro trois mondial, Toshiba, très présent sur les mémoires Flash, et son compatriote Fujitsu avaient en effet eux-mêmes discuté d'un rapprochement avec NEC Electronics, selon les médias japonais. Olivier Hensge

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