L'Allemagne conserve sa production

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L'Allemagne était en 2008 le quatrième pays fabricant d'automobiles au monde, avec 6,045 millions de véhicules produits. Le pays n'a pas vraiment connu de mouvement de désindustrialisation dans ce secteur puisqu'en 2007 la production locale avait atteint un record absolu. L'Allemagne dispose il est vrai de ses propres usines à « bas coûts »... dans l'ex-RDA. Cela n'empêche d'ailleurs pas Volkswagen de disposer à proximité d'une immense usine en Slovaquie et des sites de sa marque tchèque Skoda. Mais, même si elles ne représentent que la moitié de la production globale des constructeurs allemands, les usines n'en sont pas moins au c?ur de leur stratégie. En juin dernier, le patron de Daimler, Dieter Zetsche, s'est ainsi défendu de vouloir fermer le site de Rastatt, où son groupe avait fortement investi, pour le délocaliser en Hongrie. « Nous ne sommes pas des nomades qui plantons notre tente une fois ici et une autre fois là. » La grande force de ces usines, c'est leur compétitivité basée sur la productivité et la qualité qui permet de justifier des prix plus élevés. 68,3 % de la production allemande est d'ailleurs exportée.L'autre atout de la production allemande, c'est désormais aussi sa flexibilité. Car si la crise a en effet frappé de plein fouet le secteur avec une production réduite en juin 2009 de deux tiers en un an, aucune usine n'a pour le moment fermé ses portes et les licenciements sont exceptionnels. Le recours massif au travail partiel, mais aussi la réduction du temps de travail et des salaires, ont permis d'absorber le choc. Chez BMW, le travail partiel touche ainsi plus de 17 % des salariés, chez Daimler, près d'un tiers.Évidemment, la crise fragilise néanmoins le modèle. Daimler a annoncé ne renoncer aux licenciements secs que jusqu'à l'été 2010, et les politiques allemands ont dû exercer les plus insistantes pressions pour déterminer les repreneurs d'Opel à conserver les usines allemandes. Le succès de la « prime à la casse » a, certes, redonné un peu de souffle aux usines allemandes?: BMW, après VW et Opel, y ont réduit le temps partiel. Mais seul un rebond des exportations pourra, à terme, sauver les sites. Romaric Godin, à Francfort

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