Défi fiscal

Malheureuse sur le tapis vert des terrains de football, l'Allemagne détient une couronne que le reste de la planète lui envie et qu'elle continue, année après année, à défendre avec succès, celle de championne du monde des exportations. Ce titre n'est pas menacé aujourd'hui mais il pourrait l'être demain si l'économie allemande ne relève pas le défi fiscal posé par certains pays parmi lesquels ses plus proches voisins d'Europe centrale et orientale. L'annonce cette semaine d'une baisse ordonnée de 10 % de l'impôt sur les sociétés dans les deux années à venir est le plus clair signal que le gouvernement Merkel prend cette menace avec le sérieux qui convient. Car, comme aurait dit M. de La Palice, pour qu'il y ait des exportations, il faut des exportateurs... Or, aujourd'hui, ceux-ci se montrent de plus en plus sensibles au chant des sirènes fiscales d'autres nations, voisines ou plus lointaines, et à la perspective de préserver leur compétitivité prix dans un climat de concurrence féroce où les entreprises allemandes peuvent de moins en moins se reposer sur la seule qualité du " made in Germany " pour faire la différence. Pour leur permettre de résister, le gouvernement de Berlin vient de leur faire la promesse d'une fiscalité adoucie. Dans un contexte où les besoins de financements publics ne vont pas diminuer, au contraire, cette décision va inéluctablement conduire les dirigeants allemands à chercher d'autres sources de revenus pour combler le manque à gagner fiscal. Et il apparaît d'ores et déjà que les trois points de hausse de TVA programmés pour janvier 2007 n'y suffiront pas. Cette décision allemande va avoir une autre conséquence de taille : elle va raviver les braises d'un débat très provisoirement mis en veilleuse, celui de la concurrence fiscale au sein de l'Union européenne. Compte tenu de leur fiscalité pénalisante pour la création de richesses, la France et quelques-uns de ses voisins risquent fort de se trouver en première ligne. Avec pour alternative de se rapprocher du taux moyen d'imposition européen ou d'assister en spectateurs à l'exode des activités productives et de leurs emplois.

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