Repères pour un jubilé

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1947 Jean Vilar crée la première Semaine d'art en Avignon. Shakespeare, Claudel, Clavel, au Palais des papes, au théâtre municipal, au Verger. Quelques modestes subventions, de l'argent personnel et 4.818 spectateurs. 1951 Gérard Philipe illumine le Cid et le Prince de Hombourg. 10.000 spectateurs. Jeanne Laurent fait nommer Jean Vilar à la tête du Palais de Chaillot, qui devient le Théâtre national populaire. Sa troupe (Casarès, Noiret, Denner, Montero et les autres) assurera désormais les programmes et l'animation du festival. 1954 Le peintre Jacno invente l'affiche aux trois clés. 1955 Premières Rencontres internationales. Premières sonneries des trompettes de Maurice Jarre. 1963 Jean Vilar quitte le TNP pour ne plus se consacrer qu'à son festival. Il y fait l'acteur pour la dernière fois dans le role de Thomas More de Robert Bolt. Avignon commence à prendre ses airs de Mecque estivale du théâtre de France. Les colloques, les rencontres, les débats fleurissent dans les jardins. 1964 « Où vont les festivals ? » : Jean Vilar, le premier, invite à réfléchir à la question. Un événement de cet ordre peut-il se cantonner à la seule expression du théâtre parlé ? 1966 Le pas est franchi : le « père » ouvre ses portes aux nouveaux metteurs en scène (Planchon, Lavelli, Bourseiller) et à la danse avec Maurice Béjart. La manifestation s'étale sur trois semaines et attire 83.000 spectateurs. Prémisses du « off » : l'Avignonnais André Benedetto est le premier à monter un spectacle « hors festival ». 1967 La Chinoise de Jean-Luc Godard est projeté dans la cour d'Honneur en avant-première mondiale. Les lieux se multiplient, après le Palais du vice-légat, le cloître des Carmes, les Célestins, les Pénitents blancs, la char treuse de Villeneuve-lès-Avignon. 100.000 spectateurs, dont les deux tiers ont moins de trente ans. 1968 Vilar est brutalement vilipendé par ceux-là même auxquels il avait destiné son oeuvre, contesté pour avoir concrétisé l'utopie de ses contestataires. Le Living Theatre fait de l'agitprop anti-establishment. Hors les murs, à Villeneuve, la première pièce du jeune Gérard Gélas, la Paillasse aux seins nus, est interdite par la police. 1969 Naissance du Théâtre musical soutenu par France Culture : Jorge Lavelli monte Orden, de Arrigo et Bourgeade. 1971 Le 28 mai, Jean Vilar meurt d'une crise cardiaque. Paul Puaux, son plus proche collaborateur, lui succède sous le titre voulu modeste d'administrateur. C'est l'ère de la continuité : naissance de Théâtre ouvert, nouveaux talents et talents venus d'ailleurs, Merce Cunningham, Mnouchkine, Besson. Apparition du mot « off ». Des moments inoubliables : la tétralogie des Molière par Antoine Vitez, Bod Wilson et son Einstein on the beach. On persifle sur l'état de « non-créateur » de Puaux. On épingle son militantisme de gauche. 1979 Paul Puaux veut se consacrer à la maison Jean Vilar, qui deviendra un inestimable joyau d'archives. Béjart, Mnouchkine, Planchon refusent le poste. Nomination de Bernard Faivre d'Arcier. 1980 Le festival passe de l'état de régie municipale à celui d'association indépendante. BFA la transforme en entreprise de gestion des spectacles vivants, modèle copié par de nombreux pays, comme le Japon et le Vietnam. Mise en place d'une structure de coproductions et d'une politique de mécénat. De 1980 à 1995, les subventions de l'Etat passent de 300.000 francs à 12 millions de francs. 1982 Transformation de la cour d'Honneur qui passe de 3.000 à 2.300 places. Ariane Mnouchkine monte ses Shakespeare orientalisants. Jean-Pierre Vincent, Georges Lavaudant, Jérôme Deschamps, Matthias Langhoff, Pina Bausch sont à l'affiche. 1984 La mairie propose Mireille Mathieu comme marraine du festival. BFA claque la porte et va créer La Sept. 1985 Arrivée d'Alain Crombecque. C'est l'ère des rêveries réalistes d'un poète administrateur, des affinités électives, ces cultures différentes. Peter Brook monte le Mahabarata à la carrière de Boulbon, Antoine Vitez fait passer une nuit de magie au Soulier de Satin, Bartabas fait voler ses chevaux ailés et invente l'Opéra équestre... 1993 Retour de Faivre d'Arcier épaulé par l'Avignonnaise Christiane Bourbonnaud. Création de l'Institut supérieur des techni-ques du spectacle et du Centre national du théâtre. 120.000 spectateurs.

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