Michael Bloomberg : « Reuters ? C'est une petite agence britannique, non ? »

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« La Tribune ». - Bloomberg compte 53.000 terminaux dans le monde. Votre organisation ne cesse de croître : vous employez aujourd'hui 2.500 collaborateurs. Est-ce difficile à gérer ? Michael Bloomberg. - Des problèmes surgissent toujours avec la croissance. Un certain nombre de collaborateurs préféreraient que les positions acquises ne soient pas remises en question. Mais, jusqu'à présent, on ne s'est pas trop mal débrouillé pour gérer notre croissance. Quels sont les derniers services de Bloomberg ? En termes de télévision, nous venons d'arroser l'Europe vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jour sur sept grâce à notre présence sur le satellite Eutelsat FX. Nous émettons en anglais et le contenu des nouvelles est européen. Nous diffusons aus- si quelques informations américai- nes. En France, nous venons de prendre 10 % de la radio BFM et nous diffusons plus d'informations en français. Fondamentalement, je n'aime pas les joint-ventures. On l'a fait parce qu'ils étaient là, sympathiques, et c'est un investissement peu important, de l'ordre de 2,5 millions de dollars - moins de 5 millions en tout cas. Ferez-vous la même chose dans d'autres pays ? Nous venons de lancer nos premiers programmes de radio et de télévision en Allemagne. Nous faisons aussi quelque chose en espagnol pour une radio de Madrid. Notre stratégie consiste à réaliser des programmes de radio dans la langue de tous les grands pays, non seulement en Europe mais dans le monde entier. Nous conserverons l'anglais pour la télévision, pour des raisons de coût. Pourquoi ? Le marché des informations économiques est très petit et le coût d'un programme de télévision est très important. Même chez Bloomberg ? Même chez nous qui sommes nettement moins cher que les autres. Si nous obtenons une large audience, nous pourrons reconsidérer notre position. Que pensez-vous de vos concurrents ? Reuters par exemple ? Reuters ? C'est une petite agence britannique, non ? Je ne sais pas. Je ne connais pas grand-chose à leur business. Et Dow Jones ? Je suis un client de Dow Jones. Il publie un quotidien appelé le « Wall Street Journal ». Je l'achète tous les jours. C'est un bon journal. Seriez-vous intéressés par Dow Jones ? Ils ne voudraient pas vendre. J'ai toujours pensé que cela serait un mariage formidable, nous et les journaux de Dow Jones. Mais notre fil est meilleur que le leur [Telerate]. Nous avons plus de nouvelles, plus de crédibilité sur le marché. Aimeriez-vous publier un quotidien ? J'ai toujours pensé que cela serait amusant. Je voudrais publier un journal du soir mondial. Tout le monde dit que les journaux du soir sont morts. Il existe donc un marché. Vous le feriez à New York ? Je le ferais dans le monde entier. La distribution est un gros problème. Je peux générer des articles dans la journée, je peux les imprimer. Mais comment les amener aux clients au moment où ils quittent leur travail ? C'est le problème principal. Merrill Lynch possède 30 % de Bloomberg et apparemment ils sont contents de leur investissement. Voulez-vous vous introduire en Bourse ? Non. Je ne vois aucun intérêt à une introduction en Bourse. Si vous êtes coté, vous devez écouter l'opinion des autres. Lorsque vous n'êtes pas coté, vous pouvez vous en tenir à votre propre opinion. Pourquoi publiez-vous des informations sportives et des informations générales ? En plus des préoccupations de leur métier, nos clients s'intéressent à ce type d'information. De plus leur business est dirigé dans un contexte global. Prenez l'exemple des guerres. Ce n'est pas à proprement parler de l'information économique mais elles influencent la manière dont les affaires sont conduites. Donc, nous devons traiter les conflits. Pourquoi le sport ? Je ne peux pas vous donner la réponse, mais nous savons que nos clients veulent des informations sportives facilement disponibles et rapides. Si on ne leur fournit pas ce service, ils vont ailleurs et on a du mal à les ramener chez nous. Propos recueillis par Pascal Boulard

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