Eurocopter pourrait accuser une perte d'un milliard en 1995

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INQUIÉTUDE chez Eurocopter, la société commune (à 70/30) d'Aerospatiale et de l'allemand Dasa, Daimler-Benz Aerospace. Premier constructeur européen d'hélicoptères, la firme ne risque pas moins d'afficher un très mauvais résultat net pour l'exercice 1995. Selon plusieurs sources, circule en interne le chiffre d'un milliard de francs de pertes nettes. D'après un membre bien informé de l'entreprise, « le résultat d'exploitation 1995 ne devrait pas être trop mauvais, peut-être déficitaire mais modérément. En revanche, en résultat net, après provisions notamment pour restructuration et réduction d'effectifs, la fourchette oscille aujourd'hui entre 0 et - 2 milliards de francs. Tout dépendra de la politique de provision pratiquée par la direction, y compris vis-à-vis du dollar, du « goodwill » et des risques sur certains contrats. Mais le chiffre du milliard de pertes paraît probable. Il est peut-être même un peu en dessous du montant qui sera finalement affiché. » En 1994, Eurocopter avait réduit ses pertes nettes part du groupe de 462 à 393 millions de francs (contre un léger bénéfice de 25 millions en 1992). Du côté de la direction, on se refuse évidemment à commenter une telle information en rappelant que les comptes finaux ne devraient être arrêtés puis annoncés qu'au cours du premier trimestre. Mais si l'on estime qu'effectivement le résultat d'exploitation en 1995 « n'a pas été trop mauvais » - il pourrait même être positif - on reconnaît qu'au final, le résultat net risque de traduire une année qui n'a pas été florissante. Si tout doit dépendre de la politique de provisions, c'est qu'en octobre dernier la direction d'Eurocopter a annoncé aux partenaires sociaux sa volonté d'économiser 500 millions de francs, 250 millions sur les charges et 250 sur les frais de personnel. Sur ce dernier point, les négociations sociales ont commencé à l'intérieur de l'entreprise. Une réunion est imminente, sans doute le 11 janvier. Elle devra plancher sur les éventuelles mesures comme la réduction du temps de travail. Mais Eurocopter devra, comme sa maison mère Aerospatiale, composer avec la législation du travail notamment sur les préretraites. Les syndicats d'Eurocopter estiment que si les 250 millions de francs d'économies salariales correspondent à l'équivalent de 800 postes, la moitié d'entre eux seulement pourrait être supprimée. Le solde des 400 postes menacés pourrait en effet être réglé par les différentes mesures comme la réduction du temps de travail, qui, selon les syndicats, même d'ampleur réduite, pourrait correspondre à 160 emplois. La prise de décision sur ces mesures sociales est attendue pour le début mars. Mais celle sur leur provisionnement doit se faire maintenant puisqu'elle pèsera financièrement, comme la loi l'impose, sur les comptes 1995. OLIVIER PROVOST

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