Le suisse Roche assouplit sa politique de licence

Le groupe suisse Roche et la société autrichienne Immuno ont conclu un accord de licence permettant à Immuno d'utiliser la technologie PCR ( Polymerase Chain Reaction, voir ci-dessous) pour contrôler la qualité de ses produits sanguins fabriqués en Autriche, en Italie et aux Etats-Unis. C'est la première fois que Roche concède une licence sur la PCR à un fabricant de produits sanguins. Une méthode qui favorise la mise au point de tests plus sensibles et plus précoces. Elle permet en effet la détection du matériel génétique du pathogène lui-même, et non pas la réponse immunitaire sous forme d'anticorps. Immuno pourra ainsi l'utiliser pour s'assurer de l'absence, dans ses produits sanguins, de virus du sida et de l'hépatite C. En signant avec Immuno, Roche confirme sa tendance à mener une politique d'attribution de licence plus ouverte sur la PCR. La position du groupe suisse en la matière a évolué depuis le rachat, en 1991, à la société américaine Cetus, de l'ensemble des brevets sur les applications de la PCR, une technologie majeure que Roche avait acquise pour la coquette somme de 1,7 milliard de francs. D'où la nécessité de l'exploiter au mieux pour rentabiliser cet investissement. L'utilisation en interne de la technologie est la voie qui offre les meilleures marges, mais, dans le cas de la PCR, elle supposait d'importants investissements complémentaires, qui plaçaient encore plus haut le seuil de rentabilité. C'est malgré tout la voie qu'a choisi Roche. Il a constitué, en interne, une équipe de deux cent cinquante personnes travaillant à temps plein à l'amélioration de la PCR, à son automatisation, à la mise au point de kits de diagnostic, au dépôt de brevets complémentaires... Roche s'est contenté d'accorder des licences aux deux ténors du diagnostic in vitro, Abbott et Johnson & Johnson, et progressivement aux grands laboratoires d'analyse (quatre cent trente aujourd'hui), qui offrent leurs services aux hôpitaux comme, en France, les laboratoires de l'Institut Pasteur ou de l'Hôpital américain. Toutefois, les contraintes que font peser sur les prix des tests les politiques de maîtrise des dépenses de santé ne permettent pas à Roche de dégager des marges suffisantes, ce qui freine l'introduction en routine de la PCR. En outre, le groupe suisse se heurte à une autre difficulté : pour justifier des tests cinq à dix fois plus coûteux que les tests traditionnels, il faut qu'ils offrent un service vraiment novateur, d'où la nécessité pour Roche d'accéder à des séquences géniques originales qu'il ne possède pas. Pour se les procurer, il pourrait être conduit à accorder des licences sur la PCR en échange de licences sur des séquences de pathogènes par exemple. Catherine Ducruet

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