Immobilier + 3F, un des grands du logement social, freiné par la pénurie de financement

 |   |  389  mots
Le groupe immobilier 3F, un des premiers constructeurs de logements sociaux en France, change de président. Une succession à la tête de cette société anonyme d'HLM, coiffant sept entités régionales, qui s'effectue dans la continuité : Michel Ceyrac, directeur général de la société mère, remplace Michel Vivès qui a décidé de prendre sa retraite à soixante-cinq ans. 3F, dont les principaux actionnaires sont des collecteurs du « 1 % patronal », a réalisé 3,7 milliards de francs de chiffre d'affaires en 1996 et gère un énorme parc locatif de 120.000 logements. Malgré sa dimension, la société subit le lot commun des organismes d'HLM. Et surtout les répercussions de la ponction de l'Etat ces dernières années sur les ressources de la collecte du « 1 % patronal » (7 milliards en 1997), c'est-à-dire une diminution de leur capacité de financer la construction de nouveaux programmes. La suppression de la TVA sur les logements neufs a compensé en partie cette baisse de ressources, reconnaît le président de 3F, mais le nombre de logements mis en chantier par la société n'en diminue pas moins. 1.800 logements seulement en 1996 ; en Ile-de-France la baisse a été de 17 % en 1995, puis de 5 % en 1996 et la réduction va se poursuivre. Réhabilitations. Côté réhabilitations - impératives pour les HLM qui doivent entretenir un vaste patrimoine souvent vétuste -, 3F a opté pour le recours à l'emprunt. Face au nombre insuffisant de « Palulos » (les prêts aidés financés sur fonds publics), la société a souscrit des emprunts auprès de la Caisse des dépôts : « Ainsi, explique Michel Ceyrac, nous avons pu proposer aux entreprises des chantiers beaucoup plus importants qu'en utilisant l'aide de l'Etat, toujours débloquée par fractions, et obtenir des entreprises des prix inférieurs de 10 à 20 %. » Une économie presque équivalente à l'aide des pouvoirs publics. Il n'empêche que les 50.000 « Palulos » supplémentaires annoncés par Lionel Jospin sont bien accueillis par les dirigeants de 3F. Mais plus encore que ces difficultés de financement, les problèmes les plus aigus sont d'ordre social : proportion croissante de chômeurs et de salariés en CDD parmi les locataires, insécurité dans beaucoup de quartiers difficiles à laquelle les offices tentent de répondre par un travail d'encadrement et de suivi social. M. C.-C.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :