Total dans la ligne de mire de l'UFC-Que Choisir

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Après les États-Unis et la Grande-Bretagne, le débat sur les profits des compagnies pétrolières resurgit en France. Hier, l'UFC-Que Choisir a appelé les députés à voter "une taxe exceptionnelle" sur les bénéfices de Total dans le cadre de la prochaine loi de finance rectificative."Les prix à la pompe ont augmenté de 35 % en deux ans et ont eu un impact considérable sur le pouvoir d'achat", a rappelé Alain Bizot, le président de l'UFC-Que Choisir. Dans le même temps, "Total va réaliser cette année plus de 13 milliards d'euros de résultat net [chiffre extrapolé à partir du résultat net de 9,9 milliards d'euros accumulés sur les neuf premiers mois de 2005, Ndlr], ce qui est exceptionnel." Or, ces "surprofits" seraient injustifiés. "Le taux de marge de Total est indexé sur le niveau du cours du brut. La flambée du pétrole entraîne donc mécaniquement une explosion de ses profits", a expliqué Alain Bizot. "Rente historique." Selon l'UFC-Que Choisir, les "surprofits" de Total auraient atteint 2,5 milliards en 2003, 4,2 milliards en 2004 et 7,1 milliards en 2005 au regard d'un taux "normal" de retour sur capitaux employés (ROACE) de 15 %. "Une partie de cette rente historique doit être restituée aux consommateurs", a affirmé l'association.S'adressant aux parlementaires et aux associations d'élus locaux, l'UFC-Que Choisir propose donc d'imposer à Total une "taxe exceptionnelle" de 5 milliards d'euros au titre de l'exercice 2005. Sur ce montant, 3,7 milliards iraient aux "réseaux de transport collectif de proximité" et 1,3 milliard servirait à "accorder un mois de transport en commun gratuit partout en France".Interrogé le 9 décembre sur Radio Classique, le PDG de Total, Thierry Desmarest, a dénoncé par avance l'attaque portée à un "champion national" qui, de surcroît, réalise 95 % de ses résultats à l'étranger. Il a aussi souligné que l'entreprise payait déjà un milliard d'impôt par mois et qu'il lui restait un milliard de résultat dont l'essentiel va à des investissements dont l'enveloppe devrait croître de 50 % dans les trois ans à venir."Lorsque le brut était bas, a réagi Claude Gattignol, député UMP de la Manche et président du groupe Énergie de l'Assemblée, personne n'a parlé de subventionner Total. La bonne solution passe plutôt par des voitures moins consommatrices et moins polluantes." A l'inverse, "les profits exceptionnels de Total peuvent justifier un impôt ou un prélèvement exceptionnel", a jugé Alain Vidalies, secrétaire national aux entreprises du PS. L'idée, en tout état de cause, n'est pas hérétique : Thierry Breton, lui-même, l'a évoquée le 8 novembre sur France 2.Outre-Manche, le budget 2006 a prévu de doubler la taxe spéciale déjà imposée aux compagnies pétrolières en mer du Nord pour financer le gel de la taxe sur les carburants ou la prime de chauffage versée aux retraités. Et, après avoir auditionné les PDG des "majors", les appels à taxer les profits de l'or noir se sont multipliés au Congrès américain dans un pays où les prix du pétrole et du gaz connaissent des niveaux record.Marc Lomazzi

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