Magny-Cours au pied du mur des standards de la F1

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C'était l'émotion dans la Nièvre ce week-end. La petite commune de Magny-Cours y a peut-être accueilli son dernier Grand Prix de formule 1, après seize années de bons et loyaux services. Le circuit voulu par Pierre Bérégovoy, ancien maire de Nevers, et François Mitterrand, est tombé en désamour auprès de Bernie Ecclestone, patron de Formula One Management, qui centralise les droits télévisés et commerciaux de la F1. Dans Nice-Matin, le grand argentier a récemment clamé : " Il n'y a plus d'avenir à Magny-Cours. " Pour l'instant, la Fédération française de sport automobile (FFSA) a suspendu l'inscription de la course pour 2008, tandis qu'un autre lieu pourrait être choisi pour 2009. " Même si le contrat de la France en F1 court jusqu'à 2011, il peut être cassé si les conditions d'accueil ne sont pas remplies ", explique Éric Barbaroux, directeur général de la FFSA. Bernie Ecclestone préférerait un lieu plus proche de Paris. En attendant, Magny-Cours n'a pas dit son dernier mot. " Nous allons proposer davantage d'hébergements en trois ou quatre étoiles. Nous voulons, avec d'autres collectivités comme le Cher ou l'Allier, offrir un partenariat public renforcé ", explique Marcel Charmant, président du conseil général de la Nièvre, qui possède la société d'économie mixte en charge du circuit. La situation de Magny-Cours est symptomatique d'une transformation plus globale de la formule 1. Les standards n'ont cessé de progresser.1 MILLIARD D'EUROS DE RETOMBEES " La F1 est dans une mécanique de show mondialisé. C'est un média, qui génère dans le monde plus de 20.000 heures de diffusion auprès de plus 50 milliards de téléspectateurs potentiels. Et c'est chaque année ", explique Vincent Chaudel, consultant sportif chez Ineum Consulting. " Aujourd'hui, le format moderne d'un circuit, c'est d'être proche d'une capitale, ou d'une ville sexy, ayant un aéroport et un parc hôtelier important. Pour un sponsor, qui a des invités, le lieu est essentiel ", affirme Philippe Gurdjian, président du circuit Paul-Ricard au Castellet et consultant F1 pour le Grand Prix de Barcelone.La surmédiatisation de ce sport a attiré des villes ou des pays désireux de se faire connaître, comme Abou Dhabi ou Bahreïn, tandis que la date que possède la France suscite les convoitises. " La Russie et l'Inde veulent absolument leur Grand Prix. Singapour a investi deux tiers des 100 millions d'euros nécessaires ", explique Éric Barabaroux. Dans le même temps, accueillir un Grand Prix devient de plus en plus coûteux, en raison d'un niveau de prestation toujours plus élevé. " Le coût du plateau, qui nous permet de faire venir les écuries, augmente de 10 % par an. Pour Magny-Cours, il est de 13 millions d'euros en 2007 ", affirme Marcel Charmant. Pour un pays, l'enjeu financier est de taille : un contrat de Grand Prix, qui dure entre sept et dix ans, génère 1 milliard d'euros de retombées.

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