Le budget spatial militaire à l'étroit

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Les crédits en faveur du spatial militaire sont en train d'être positionnés sur une orbite basse. C'est l'hypothèse sur laquelle travaillerait l'état-major des armées (EMA), qui veut ramener à 300 millions d'euros par an les crédits pour les équipements militaires spatiaux en 2009, contre plus de 600 millions d'euros au début des années 90, selon un document circulant dans les ministères concernés par les questions spatiales. Soit une baisse de 40 % en quinze ans des crédits à l'espace pourtant donné comme une priorité.Une voie qui va à l'encontre de ce préconisait le groupe d'orientation stratégique de politique spatiale de défense. Dans un rapport remis début 2007 au Premier ministre, celui-ci recommandait de porter le budget spatial de 450 à 650 millions d'euros par an. Le budget actuel du ministère de la Défense consacré à l'espace s'élève à 400 millions d'euros environ.Au-delà de la question budgétaire, c'est la place de la France au sein d'une Europe, dont certains pays (Allemagne, Italie et Espagne) font un effort financier sur le spatial, qui est en jeu. L'industrie spatiale française a développé ces dernières années des compétences uniques en Europe. C'est notamment le cas dans l'observation optique (satellites Helios 1 et 2) où la France est l'un des seuls pays avec les Etats-Unis à détenir ce savoir-faire et à entretenir un millier d'emplois dans cette filière. La décision de lancer un nouveau projet post-Helios à la " mi-2008 permettrait à la France de disposer jusqu'en 2030 des capacités de renseignement spatial optique au plus haut niveau ", note le document. Et de rajouter que ce serait " une erreur politique, financière, opérationnelle et industrielle " d'attendre le lancement du programme européen d'observation optique et radar Musis (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie et Grèce).EFFORTS DE RECHERCHEIl en va de même pour le système d'écoute électronique (Ceres) qui doit être lancé en 2008 en vue d'assurer une continuité de service des capteurs spatiaux en 2015. C'est enfin le cas du système de surveillance d'armes balistiques. Alors que le démonstrateur Spirale va être mis sur orbite fin 2008, le document préconise de profiter de la présidence française de l'Union européenne pour définir dès 2008 un programme en coopération avec l'Allemagne. " Il est de la première importance d'inscrire une telle capacité dans la prochaine loi de programmation militaire ", affirme-t-il. Quatre programmes (post-Helios, Musis, Ceres et l'alerte avancée antimissile) qui coûterait 250 millions d'euros par an à la Défense.Outre la suite des satellites de télécoms militaires Syracuse, le document plaide pour de nouveaux efforts de R&D, notamment dans la protection renforcée des satellites ou l'observation permanente en temps réel.

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